La Pologne organisera un référendum sur le programme de relocalisation des migrants de l’UE

Le gouvernement polonais souhaite organiser un référendum sur la participation de son pays au programme de relocalisation des migrants de l’Union européenne. Le vote aura probablement lieu cet automne, a confirmé lundi (3 juillet) le Premier ministre polonais.

EURACTIV Pologne
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Ainsi, les élections législatives et le référendum sur les relocalisations auront probablement lieu en octobre ou début novembre et les élections locales reportées se tiendront au printemps prochain. Aucune date précise n’a encore été fixée. [shutterstock/rarrarorro]

Le gouvernement polonais souhaite organiser un référendum sur la participation de son pays au programme de relocalisation des migrants de l’Union européenne. Le vote aura probablement lieu en même temps que les élections législatives de cet automne, a confirmé lundi (3 juillet) le Premier ministre conservateur Mateusz Morawiecki.

Pour ce faire, le parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir en Pologne, a présenté lundi un projet d’amendement qui lui permettrait d’organiser un référendum le même jour que les élections législatives, présidentielles ou européennes.

« Je peux confirmer que nous prévoyons d’organiser simultanément les élections législatives et un référendum sur la relocalisation des migrants, notamment pour réduire les coûts », a déclaré M. Morawiecki, selon RMF FM.

Il a précisé que le référendum comprendrait une question simple, mais a refusé d’en révéler la formulation exacte. Il n’a pas non plus exclu la possibilité de prévoir d’autres questions sur d’autres sujets.

Interrogé par les journalistes sur les raisons pour lesquelles le gouvernement souhaitait regrouper le référendum et les élections, alors qu’il avait précédemment décidé de reporter les élections locales — qui devaient initialement se tenir en même temps que les élections législatives — il a invoqué les coûts liés à l’organisation d’un référendum.

M. Morawiecki a toutefois semblé indiquer que le référendum ne comporterait qu’une seule question, car il a déclaré que de tels référendums causaient moins de problèmes. Il a également rappelé qu’en 2014, la combinaison des élections législatives et locales avait conduit à de multiples erreurs de la part des électeurs, qui n’avaient pas été suffisamment attentifs.

Ainsi, les élections législatives et le référendum sur la relocalisation auront probablement lieu en octobre ou début novembre et les élections locales reportées se tiendront au printemps prochain. Aucune date précise n’a encore été fixée.

En réunissant le référendum et les élections, le PiS peut se targuer d’une double victoire. Non seulement le parti est en tête des sondages électoraux, mais la plupart des Polonais soutiennent également le point de vue du parti selon lequel la Pologne ne devrait pas accueillir de demandeurs d’asile dans le cadre du programme de relocalisation de l’UE.

Pas moins de 74 % des Polonais s’opposent aux relocalisations et 26 % d’entre eux pensent que le gouvernement devrait accepter les demandeurs d’asile dans le cadre du système de relocalisation prévu par l’UE, selon le dernier sondage de l’institut Pollster publié dans le quotidien Super Express.

Toutefois, les Polonais sont divisés sur la question d’un référendum, selon un sondage réalisé par IBRiS pour le quotidien Rzeczpospolita. Alors que 50,3 % d’entre eux soutiennent l’idée, 47 % y sont opposés : la majorité de l’électorat du PiS est favorable au vote alors que la plupart des électeurs de l’opposition le rejettent.

La Pologne et la Hongrie sont les seuls États membres de l’UE à s’opposer fermement à la réforme proposée en matière de migration et d’asile, qui repose sur la règle de solidarité obligatoire, selon laquelle les États membres qui refusent d’accueillir des demandeurs d’asile doivent contribuer financièrement ou opérationnellement à l’effort de gestion des migrations de l’UE.

La Pologne rejette la relocalisation et les contributions financières, qu’elle considère comme des punitions de facto. Le pays « ne soutient pas l’idée d’autoriser de grandes masses de migrants [à entrer] dans l’UE et n’est pas non plus d’accord avec des contributions financières obligatoires », avait indiqué le gouvernement à EURACTIV Pologne le mois dernier.