La présidente géorgienne pro-UE devrait rencontrer Charles Michel

La présidente de la Géorgie devrait rencontrer le président du Conseil de l’UE, Charles Michel, à Bruxelles ce lundi. Cette rencontre intervient après l’abandon par Tbilissi de la loi sur les « agents de l’étranger » face à d’importantes manifestations pro-européennes.

EURACTIV.com avec agences
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Résolument pro-européenne, la présidente géorgienne Salomé Zourabichvili s’est montrée franche dans son soutien au rapprochement de son pays avec l’Occident et dans ses critiques à l’égard du parti aux commandes, mais ses pouvoirs sont toutefois limités. [[EPA-EFE/IRAKLI GEDENIDZE]]

La présidente de la Géorgie, Salomé Zourabichvili (parti Voie de la Géorgie), devrait rencontrer le président du Conseil de l’UE, Charles Michel, à Bruxelles ce lundi (13 mars). Cette rencontre intervient après l’abandon par Tbilissi de la loi controversée sur les « agents de l’étranger » face à d’importantes manifestations pro-européennes.

La semaine dernière, le gouvernement géorgien a renoncé à cette loi qui, selon ses détracteurs, rappelait les règles en vigueur en Russie, après que des dizaines de milliers de manifestants en colère soient descendus dans la rue.

Le parti au pouvoir, Rêve géorgien, et son groupe dérivé, Le Pouvoir au peuple, n’ont pas tenu compte des opposants à la loi et les ont qualifiés de membres d’une « opposition radicale ». Toutefois, après le retrait du projet de loi, ils ont déclaré qu’ils organiseraient des consultations pour « mieux expliquer » l’objectif de la loi à l’avenir.

La considérant comme une « très mauvaise évolution » pour le pays, l’Union européenne avait condamné cette proposition de loi qui allait à l’encontre des efforts déployés par la Géorgie pour adhérer au bloc.

Résolument pro-européenne, la présidente géorgienne Mme Zourabichvili s’est montrée franche dans son soutien au rapprochement de son pays avec l’Occident et dans ses critiques à l’égard du parti aux commandes, mais ses pouvoirs sont toutefois limités.

Elle avait salué le rôle des manifestants qui ont forcé le gouvernement à retirer la loi qui aurait qualifié d’« agents de l’étranger » les ONG et les médias recevant des fonds de l’étranger et avait menacé d’y mettre son veto.

Visite à Bruxelles

Au cours d’un dîner lundi en fin de journée, Mme Zourabichvili devrait rencontrer le président du Conseil européen, Charles Michel, qui a déjà tenté en vain de négocier avec les factions politiques en conflit en Géorgie.

Le pays, qui a mené une brève guerre contre la Russie voisine en 2008, a officiellement posé sa candidature à l’adhésion à l’UE l’année dernière, aux côtés de l’Ukraine et de la Moldavie.

Toutefois, alors que Kiev et Chișinău ont obtenu le statut de candidat à l’adhésion l’année dernière, Tbilissi s’est vu signifier qu’elle devait procéder à de nouvelles réformes en vue de s’engager sur le long chemin de l’adhésion.

La visite de Mme Zourabichvili à Bruxelles intervient alors que la Commission européenne devrait présenter une « évaluation orale intermédiaire » des progrès réalisés en ce qui concerne les 12 priorités de réforme que la Géorgie doit respecter pour obtenir le statut de candidat.

Pendant de nombreuses années, la Géorgie était considérée comme un bon élève parmi les voisins orientaux de l’UE pour ce qui est de la mise en œuvre des réformes européennes.

Si l’Ukraine dépasse la Géorgie dans certains domaines importants, les progrès de Tbilissi sont plus frappants que ceux de la Moldavie, selon des responsables européens.

Toutefois, la Géorgie n’a pas réussi à obtenir le statut de candidat l’année dernière principalement à cause de la polarisation politique persistante et des défis démocratiques auxquels le pays a été confronté ces dernières années.

« Cette évaluation sera “fondée sur le mérite” et, bien entendu, la situation actuelle est susceptible de l’alimenter. Il n’est donc pas surprenant que la présidente géorgienne tente d’atténuer les répercussions du différend de la semaine dernière, qui a entrainé des conséquences globales négatives », a déclaré un responsable de l’UE avant la rencontre de M. Michel avec la présidente géorgienne.

Lundi, Mme Zourabichvili a déjà rencontré la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, à Paris, et s’est entretenue ce week-end avec de hauts responsables américains à Washington.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]