La reprise de l'aide à la Palestine considérée comme une victoire de l'UE [FR]

L'ONU, les Etats-Unis et la Russie ont soutenu les propositions européennes de reprendre temporairement l'aide directe aux Palestiniens, tout en insistant sur le fait qu'elle évite le nouveau gouvernement du Hamas. Ce système de financement sera défini en détail à Bruxelles.

L’ONU, les Etats-Unis et la Russie ont soutenu les propositions européennes de reprendre temporairement l’aide directe aux Palestiniens, tout en insistant sur le fait qu’elle évite le nouveau gouvernement du Hamas. Ce système de financement sera défini en détail à Bruxelles.

La commissaire européenne aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a fait savoir que des experts de l’UE, des Nations Unies et de la Banque mondiale doivent se réunir à Bruxelles « dès que possible » pour élaborer un « mécanisme international temporaire » d’aide directe destinée aux Palestiniens. Le processus sera cependant compliqué et prendra du temps, a-t-elle ajouté.

Cette décision de reprendre l’aide intervient à la suite de rapports inquiétants sur la situation de l’Autorité palestinienne, qui n’aurait plus de fonds pour répondre aux besoins élémentaires de sa population comme la nourriture et les médicaments. Elle a été largement perçue comme une victoire de l’UE et d’autres membres du Quartet de médiateurs internationaux, qui sont parvenus à modérer la position américaine.

« Les actions et politiques du Hamas ne doivent pas priver le peuple palestinien de ses besoins humanitaires légitimes, » a déclaré la Secrétaire d’Etat américaine Condoleeza Rice à des journalistes après la réunion du Quartet à New York, ajoutant : « Cependant, nous ne soutiendrons pas un gouvernement dirigé par le Hamas qui refuse […] de renoncer à la terreur et de devenir un partenaire pour la paix ».

Dans une lettre datée du 4 mai 2006, le Président palestinien Mahmoud Abbas avait prévenu le Quartet que « outre l’éventuelle crise humanitaire provoquée par la détérioration de la situation économique, l’incapacité à payer les salaires pourrait avoir des conséquences profondes et déstabilisantes sur le plan politique et de la sécurité. »

Javier Solana, Haut représentant de l’UE pour la politique extérieure et de sécurité commune (PESC), avait rencontré Mahmoud Abbas et le président français Jacques Chirac à Paris le 28 avril 2006 pour évoquer « les conditions dans lesquelles l’Union européenne pourrait continuer à founir une assistance aux Palestiniens et à leurs institutions et d’éventuels mécanismes permettant de canaliser l’aide financière ».