La Serbie rejette les propositions de l’UE sur le Kosovo
La Serbie a rejeté un projet négocié avec l’Union européenne destiné à s’attaquer à la partition ethnique de son ancienne province du Kosovo, mais tentera de poursuivre les négociations. Ce rejet pourrait réduire les espoirs de Belgrade d’entamer les négociations d’adhésion à l’Union.
La Serbie a rejeté un projet négocié avec l’Union européenne destiné à s’attaquer à la partition ethnique de son ancienne province du Kosovo, mais tentera de poursuivre les négociations. Ce rejet pourrait réduire les espoirs de Belgrade d’entamer les négociations d’adhésion à l’Union.
Le gouvernement de coalition a toutefois appelé lundi (8 avril) à la poursuite « urgente » des pourparlers afin de conclure un accord alors que l'UE devrait envisager ce mois-ci de recommander le lancement des négociations d'adhésion avec la Serbie.
Les négociations d'adhésion marqueraient une étape capitale dans le redressement de la Serbie, après une décennie de guerre et d'isolation sous le dernier homme fort Slobodan Miloševi?. Elles fourniraient également une impulsion nécessaire à l'économie serbe en difficulté, toujours la plus importante de l'ex-Yougoslavie.
L'UE avait fixé à mardi la date butoir pour que le Kosovo et la Serbie acceptent les principes sur la table après les discussions infructueuses de la semaine dernière. Le Kosovo a proclamé la sécession de la Serbie lors d'une guerre entre 1988 et 1989 et déclaré l'indépendance en 2008. Pristina a déjà indiqué qu'elle était disposée à signer l'accord.
La haute représentante de l'UE pour la politique étrangère, Catherine Ashton, qui a joué le rôle de médiateur lors des négociations entre la Serbie et le Kosovo ces six derniers mois, a exhorté Belgrade à faire un dernier effort.
« Je crois que tous les éléments d'un accord sur le nord du Kosovo sont sur la table… Je regrette la décision du gouvernement serbe […] et l'appelle à un dernier effort pour parvenir à un accord, pour le bien de son peuple », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Confrontée à une réaction éventuellement négative des partisans d'une ligne dure et à une mise en garde de l'Église orthodoxe influente, la Serbie a fait marche arrière. Belgrade a indiqué que l'offre était loin de l'autonomie étendue qu'elle souhaite pour une petite enclave serbe d'un Kosovo majoritairement peuplé d'Albanais.
« Le gouvernement de Serbie ne peut pas accepter la solution proposée, car elle ne garantit pas la sécurité et le respect des droits des Serbes du Kosovo », a déclaré le gouvernement dans une déclaration lue par le premier ministre Ivica Dacic, lors d'une réunion de son cabinet.
La déclaration appelle à la poursuite urgente des pourparlers.
Discussions supplémentaires
Catherine Ashton devrait publier un rapport de suivi le 16 avril sur lequel l'UE s'appuiera pour décider d'ouvrir ou non en juin des négociations sur une adhésion de la Serbie. Elle avait indiqué que la réunion infructueuse de 12 heures de la semaine dernière entre les dirigeants du Kosovo et de la Serbie serait la dernière.
Son communiqué de lundi laisse toutefois penser qu'elle serait disposée à organiser des discussions supplémentaires si l'espoir d'un accord se concrétisait.
Le gouvernement kosovar a lui aussi exprimé dans un communiqué sa déception quant à la décision serbe, mais s'est dit prêt à poursuivre les négociations.
La Croatie, adversaire de la Serbie lors de l'effondrement de la Yougoslavie, deviendra le 28e État membre de l'UE le 1er juillet. Les progrès de Belgrade sont toutefois depuis longtemps au point mort parce que la Serbie refuse la sécession du Kosovo.
L'Occident souhaite que la Serbie relâche le contrôle fragile qu'elle exerce sur l'enclave serbe du nord du Kosovo, où vivent 90 % d'Albanais. Cette partition ethnique donne souvent lieu à des violences et a déjoué les projets de l'OTAN de réduction de sa force de maintien de la paix de 6 000 hommes au Kosovo.
Lors d'un renversement de situation majeur, la Serbie a proposé de reconnaître l'autorité de Pristina sur l'ensemble du territoire kosovar, mais souhaite une autonomie étendue pour les 50 000 Serbes qui vivent dans le nord.