La Serbie veut « dégeler » les relations avec son voisin croate
Le ministre serbe des Affaires étrangères effectuera ce vendredi une visite importante à Zagreb, après avoir annoncé que Belgrade allait « dégeler » ses relations avec la Croatie dans l’année.
Le ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dačić effectuera ce vendredi (6 janvier) une visite importante à Zagreb, après avoir annoncé que Belgrade allait « dégeler » ses relations avec la Croatie dans l’année, qui demeurent tendues depuis la guerre en Yougoslavie.
Le rapprochement a été initié par le président serbe Aleksandar Vučić, dont le ministre des Affaires étrangères a déclaré que la Serbie chercherait à avoir de meilleures relations avec son voisin à l’avenir, selon Dnevnik.hr.
À Zagreb, M. Dačić assistera à la traditionnelle réception précédant le Noël orthodoxe, qui aura lieu samedi (7 janvier), mais il s’entretiendra également avec son homologue croate Goran Grlić Radman.
« Nous devons mener un dialogue et j’attends de la Serbie un dialogue actif et honnête. La stabilité et les bonnes relations sont dans notre intérêt », a déclaré Grlić Radman.
« Nous nous intéressons à des questions cruciales — la question des personnes disparues, l’indemnisation des personnes détenues dans les camps de prisonniers de guerre, les procès des criminels de guerre qui sont peut-être encore en liberté, et cette ridicule compétence universelle. Les choses devront changer », a-t-il poursuivi.
Les crimes de guerre du passé
La plupart des problèmes ont pour origine l’éclatement de la Yougoslavie. La Croatie a déclaré son indépendance en 1991 mais a ensuite été contrainte mener une guerre contre sa minorité serbe rebelle, soutenue par Belgrade. Cette guerre a duré jusqu’à ce que les rebelles soient défaits au cours de l’été 1995.
L’année dernière, la Serbie a annoncé son intention d’inculper de hauts responsables croates pour des crimes de guerre présumés commis lors d’une offensive croate en 1995. Elle invoquait alors la « compétence universelle », un principe juridique permettant à un pays de revendiquer sa compétence pénale en cas de crimes graves commis par un ressortissant étranger résidant dans un autre pays.
La Croatie, membre de l’Union européenne et de l’OTAN, a rejeté ces accusations et a déclaré à son tour qu’elle pourrait faire pression sur la Serbie dans le cadre des négociations d’adhésion de celle-ci à l’UE, voire même bloquer ces négociations qui progressent déjà lentement.
En amont de la visite, les représentants des minorités ethniques croates en Serbie et serbes en Croatie ont signé une déclaration de coopération, encourageant les deux gouvernements à travailler à la résolution des problèmes plutôt qu’à raviver les conflits, rapporte Danas.hr.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]