La situation à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie crée une tempête politique en Finlande
La situation à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie a déclenché un duel politique en Finlande, avec un clivage clair sur l'idée de construire une clôture à la frontière finno-russe.
La situation à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie a déclenché un duel politique en Finlande, avec un clivage clair sur l’idée de construire une clôture à la frontière finno-russe.
Le débat a été lancé lorsque Kai Mykkänen, ex-ministre de l’Intérieur et désormais député du parti de la coalition nationale dans l’opposition, a déclaré dans le journal Demokraatti, puis sur Twitter, que la construction d’une clôture à la frontière finno-russe pourrait être envisagée.
La Finlande devrait-elle suivre l’exemple de l’Estonie et de la Lituanie, une idée qu’il a qualifiée de « détestable, mais aussi d’inévitable » ? « Je ne suggère pas, je demande simplement comment nous devrions traiter les demandeurs d’asile si notre voisin refuse de les reprendre », a écrit M. Mykkänen sur son compte Twitter.
Accusée de faire écho au populisme trumpien, la question a été descendue en flèche tant du côté du gouvernement que des experts en sécurité.
« Le parti de la coalition nationale, vous n’êtes pas sérieux ? Un ancien parti pro-européen fort est engagé dans une longue odyssée. Êtes-vous prêt à investir tout cet argent dans une clôture de 1 300 kilomètres de long ? Une clôture contre une attaque hybride ? » a tweeté le vice-président des sociaux-démocrates, Matias Mäkynen.
Martti Koskenniemi, professeur de droit international à l’Université d’Helsinki, a déclaré qu’il n’y a pas d’exception à la règle lorsqu’il s’agit de respecter les accords internationaux en matière de droits de l’homme. Les migrants ne peuvent être refoulés une fois qu’ils se trouvent sur le territoire finlandais.
Le dernier clou de la discussion est venu de Mikko Lehmus, chef du centre d’analyse des situations et des risques des gardes-frontières. S’adressant à YLE, il a déclaré que la fermeture des frontières ne s’inscrit pas dans le cadre juridique de la Finlande et qu’elle aurait un coût astronomique. En Estonie, le prix à payer est de 500 à 1 000 euros par mètre.