La Suède va renforcer sa règlementation en matière d’asile

Une zone géographique pour les demandeurs d’asile, l’amélioration de l’efficacité des retours et la nécessité du renforcement de l’accueil des demandeurs d’asile ont été abordées par la ministre suédoise des Migrations, Maria Malmer Stenergard, et le porte-parole du parti d’extrême droite suédois, Ludvig Aspling.

Euractiv.com
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L’automaticité des visas de travail dans les secteurs en tension a été supprimée, pour créer à la place un dispositif d’octroi de visas « exceptionnel », à la discrétion de chaque préfet. L’enjeu, affirme la majorité sénatoriale conservatrice, est avant tout d’éviter un « appel d’air » - qui suggère que l’Etat est si généreux vis-à-vis des migrants qu’il les attire vers la France. [[Shutterstock/robertindiana]]

Une zone géographique pour les demandeurs d’asile, l’amélioration de l’efficacité des retours et la nécessité du renforcement de l’accueil des demandeurs d’asile sont autant de sujets qui ont été abordés par la ministre suédoise des Migrations, Maria Malmer Stenergard, et le porte-parole du parti d’extrême droite des Démocrates de Suède pour les questions de migration, Ludvig Aspling, lors d’une conférence de presse organisée mercredi (21 juin).

Mercredi, le gouvernement a présenté des lignes directrices supplémentaires concernant l’enquête en cours sur l’accueil des demandeurs d’asile, proposant de centrer l’enquête sur les centres de transit et les installations dans lesquels les demandeurs d’asile vivront pendant toute la durée du traitement de leur dossier.

« L’objectif est de contrecarrer la société de l’ombre », a déclaré la ministre des Migrations, Maria Malmer Stenergard, lors d’une conférence de presse conjointe avec Ludvig Aspling, porte-parole de la politique migratoire du parti d’extrême droite des Démocrates de Suède.

Les personnes qui demandent actuellement l’asile en Suède peuvent soit séjourner dans l’un des centres d’hébergement de l’office des migrations, soit choisir de vivre dans leur propre logement (EBO).

Un rapport intérimaire publié l’année dernière suggérait que la possibilité de choisir son propre logement soit abolie, ce que la coalition de droite au pouvoir et les Démocrates suédois d’extrême droite qui la soutiennent préconisent aujourd’hui.

« L’enquêteur analysera et étudiera les mesures supplémentaires qui peuvent être introduites pour parvenir à un système dans lequel les demandeurs d’asile vivent dans des logements d’asile désignés et restent à la disposition des autorités », a déclaré Mme Stenergard. Elle a ajouté que l’idée était de permettre aux autorités de savoir plus facilement où se trouvaient les demandeurs d’asile.

« C’est nécessaire pour que la procédure d’asile et la procédure de retour puissent être simplifiées et fonctionner. Toutefois, il est également important de pouvoir offrir aux demandeurs d’asile un soutien adéquat », a-t-elle ajouté.

Les nouvelles lignes directrices prévoient également de contrôler l’obligation de notification du lieu d’hébergement et de mettre en place un système dans lequel les demandeurs d’asile se voient attribuer une zone géographique où séjourner. Les demandeurs d’asile qui enfreignent les règles devraient voir leur demande d’asile retirée.

« [Ces mesures] signifient que si une personne, par exemple, ne coopère pas à l’enquête sur l’asile, l’autorité devrait pouvoir décider de retirer la demande », a déclaré Ludvig Aspling.

En ce qui concerne les retours, le gouvernement et son allié d’extrême droite veulent enquêter sur les modalités d’interpellation des demandeurs d’asile dont la demande a été rejetée et qui entrent dans la clandestinité.

« Une partie de l’enquête portera sur l’effet qu’aurait la présence de ces personnes dans un tel système et l’attribution d’un lieu de résidence même après avoir été déboutés », a déclaré M. Aspling.

L’enquête portera également sur la manière dont les règles d’accueil suédoises peuvent être renforcées dans le cadre de la législation européenne. Le gouvernement suédois et les Démocrates de Suède ont déjà annoncé qu’ils ne souhaitaient pas que les conditions matérielles d’accueil soient plus généreuses que celles exigées par l’UE.

L’enquête étudiera donc les possibilités pour les demandeurs d’asile de contribuer financièrement à leur propre accueil, par exemple en prenant en charge les frais de santé. Elle se penchera également sur le droit au travail des demandeurs d’asile.

« La législation européenne pourrait permettre de renforcer la règlementation suédoise », a conclu M. Aspling.