La tension s’accroît à Gibraltar

La tension entre l’Espagne et le Royaume-Uni devrait monter cette semaine. L’Espagne compterait porter plainte devant les Nations unies. Un cuirassé britannique devrait bientôt arriver sur l’enclave, source de rivalités.

EURACTIV.com / Reuters
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La tension entre l’Espagne et le Royaume-Uni devrait monter cette semaine. L’Espagne compterait porter plainte devant les Nations unies. Un cuirassé britannique devrait bientôt arriver sur l’enclave, source de rivalités.

Les tensions vieilles de centaines d'années entre les autorités britanniques et espagnoles au sujet de Gibraltar se sont ravivées. Madrid s'est plaint de la construction d'un récif artificiel sur ce territoire britannique d'outre-mer : il bloque les bateaux de pêche espagnols.

La source, citée par Reuters, n'a pas précisé si l'Espagne songeait à demander à l'ONU d'appuyer une demande visant à convaincre Londres de renoncer à sa souveraineté sur Gibraltar, ou d'obliger le territoire à appliquer certains accords internationaux. Si l'affaire arrive devant les cours internationales, cela marquerait un changement de directement et pourrait augmenter les tensions.

Le quotidien El Pais rapporte le 11 août que l'Espagne pourrait se tourner vers la Cour internationale de justice, l'Assemblée générale des Nations unies ou le Conseil de sécurité de l'ONU. Le ministre espagnol des affaires étrangères y cherchera le soutien de l'Argentine, actuellement membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU.

« Nous envisageons de porter le dossier devant l'ONU et toutes les options sont envisagées », a expliqué la source.

Selon le même quotidien, l'opposition espagnole devrait demander à l'UE d'intervenir dans la gestion du dossier de Gibraltar et d'éviter ainsi de « fausses alliances » et aventures.

L'Espagne à la recherche du soutien de l'Argentine

« Le ministre doit se rendre en Argentine en septembre et il prévoit un échange d'idées sur le dossier », a-t-il déclaré. L'Argentine est elle-même en conflit avec la Grande-Bretagne à propos des îles Malouines.

Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a dit le 9 août envisager des mesures unilatérales liées au dossier de Gibraltar. Dans le même temps, des navires de la marine britannique se dirigeaient vers le territoire pour une visite de routine planifiée selon Madrid et Londres.

M. Rajoy, et le premier ministre britannique, David Cameron, avaient convenu de la nécessité de faire baisser la tension entre les deux pays. Les deux camps ne sont pourtant pas enclins à mettre de l'eau dans leur vin.

La question de Gibraltar est un point d'achoppement majeur des relations entre les deux pays. Madrid revendique la souveraineté du « rocher », cédé à la Grande-Bretagne dans le cadre du traité d'Utrecht en 1713.

Le dernier litige en date remonte à juillet 2013 quand des bateaux de Gibraltar ont installé des blocs de béton en vue de créer un récif à l'embouchure de la Méditerranée.

Un déploiement britannique naval prévu

L'Espagne estime que le récif bloque la circulation de ses bateaux de pêche. En représailles, elle a menacé d'instaurer des contrôles plus stricts et un péage de 50 euros à l'entrée de Gibraltar. Rien ne prouve que cette mesure respecterait le droit européen.

Lors d'un entretien sur une chaîne de télévision espagnole, le ministre Margallo a expliqué que le péage ne s'appliquerait pas aux travailleurs qui traversent régulièrement la frontière pour des raisons professionnelles. Il s'est également engagé à venir en aide aux pêcheurs dont les moyens de subsistance seraient mis en péril par le récif.

Le navire de guerre de la marine britannique HMS Westminster devrait se mettre à quai à Gibraltar dans le cadre d'un déploiement annuel. Deux navires militaires auxiliaires devraient l’escorter jusqu'à destination. Même s'il s'agit d'un exercice prévu, il pourrait entraîner des tensions au sein de la population en Espagne et au Royaume-Uni.