L'UE rejette l'approche conciliante de Trump envers la Corée du Nord
Le régime de Kim Jong-un reste une « menace sérieuse » pour la sécurité mondiale, selon le SEAE
L’Union européenne a rejeté l’approche conciliante du président américain Donald Trump à l’égard de la Corée du Nord, avertissant que le régime de Kim Jong-un reste une « menace sérieuse » pour la sécurité régionale et mondiale.
L’Union a également souligné que la sécurité européenne et celle de la région indo-pacifique sont « étroitement liées ».
Cet avertissement fait suite à l’affirmation de Trump selon laquelle la Corée du Nord s’est montrée « non menaçante et respectueuse » depuis son retour au pouvoir.
Un porte-parole du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) n’a pas souhaité commenter les propos de Trump lundi soir, mais a déclaré à Euractiv que la position de l’UE sur la Corée du Nord « reste la même ».
« La poursuite des lancements de missiles balistiques par la RPDC [Corée du Nord] et l’expansion de son programme nucléaire continuent de constituer une menace grave pour la sécurité régionale et mondiale », a déclaré le porte-parole du SEAE.
En mai, Bruxelles a renforcé les sanctions contre la Corée du Nord en raison des essais nucléaires et de missiles balistiques menés au mépris des résolutions des Nations unies.
Les propos de Trump font suite à un ordre qu’il a donné lundi au Pentagone de « réduire considérablement » les exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud. Le président américain a invoqué ses « très bonnes relations » avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et a fait valoir que ces exercices sont coûteux et envoyent un signal « inapproprié et hostile » à Pyongyang.
Cette annonce, publiée sur Truth Social, la plateforme de réseaux sociaux de Trump, est intervenue alors que débutait l’exercice annuel Ulchi Freedom Shield avec la Corée du Sud. Cet exercice, auquel participent environ 18 000 soldats sud-coréens, vise à renforcer la préparation des alliés face à une éventuelle attaque nord-coréenne.
Trump a déclaré que, « comme il était trop tard pour les annuler », il a donné pour instruction au secrétaire à la Défense Pete Hegseth de réduire la participation aux exercices car ceux-ci sont « coûteux », une grande partie des dépenses étant « supportée par les États-Unis », et parce que la Corée du Nord s’est montrée « non menaçante et respectueuse » depuis son retour au pouvoir.
Bruxelles a également établi un lien direct entre la menace sécuritaire pesant sur la péninsule coréenne et la guerre menée par la Russie en Ukraine, condamnant la coopération militaire de la Corée du Nord avec Moscou, notamment les transferts d’armes et le déploiement de troupes nord-coréennes pour soutenir l’invasion russe.
« Les informations faisant état du déploiement de missiles balistiques utilisés ou destinés à être utilisés contre l’Ukraine sont particulièrement préoccupantes », a déclaré le porte-parole du SEAE, ajoutant que « la RPDC et la Russie doivent cesser immédiatement leur coopération militaire illégale ».
Le service diplomatique de l’UE a également souligné qu’il est prêt à collaborer avec ses partenaires dans le cadre d’un processus diplomatique visant à parvenir à une « dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible » de la péninsule coréenne.
(vc, nl)