L’aide allemande à l’Ukraine réduite de moitié en 2025
Compte tenu de ses restrictions budgétaires, l’Allemagne prévoit de réduire les fonds alloués à l’Ukraine en 2025 par rapport à cette année. Le gouvernement fédéral insiste plutôt sur le fait que l’aide devrait être principalement financée par les intérêts des avoirs russes gelés.
Compte tenu de ses restrictions budgétaires, l’Allemagne prévoit de réduire les fonds alloués à l’Ukraine en 2025 par rapport à cette année. Le gouvernement fédéral insiste plutôt sur le fait que l’aide devrait être principalement financée par les intérêts des avoirs russes gelés.
Après une crise budgétaire à l’automne dernier, le gouvernement composé du Parti social-démocrate (SPD), du Parti libéral-démocrate (FDP) et des Verts souhaite éviter de voir son budget à nouveau remis en question par la Cour constitutionnelle allemande.
Pour le projet de budget 2025, le ministre des Finances libéral Christian Lindner s’efforce donc de respecter le frein à l’endettement, un mécanisme prévu dans la constitution du pays qui limite le montant des nouvelles dettes que le gouvernement peut contracter à 0,35 % du produit intérieur brut.
Cependant, les socialistes et les Verts s’inquiètent d’assister à des coupes budgétaires dans le social et l’écologie. Cela pourrait détourner leur électorat alors qu’ils sont crédités de mauvais résultats aux élections de septembre dans les Länder de Thuringe, de Saxe et de Brandebourg, contrairement aux partis populistes.
Malgré ces désaccords, la coalition « feu tricolore » a annoncé vendredi 16 août un compromis.
En ce qui concerne l’aide bilatérale allemande à l’Ukraine, le projet budgétaire actuel pour 2025 prévoit un soutien de 4 milliards d’euros. Cependant, ces actifs ont déjà été engagés et aucun nouveau financement n’est prévu dans le futur.
Le soutien bilatéral sera donc réduit de moitié, puisque cette année, l’aide de l’Allemagne — deuxième donateur après les États-Unis — est de 8 milliards d’euros.
Selon une lettre adressée par Christian Lindner aux ministères des Affaires étrangères et de la Défense, de « nouvelles mesures » ne peuvent être prises que si « le financement est assuré » dans les plans budgétaires, a rapporté le Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Dimanche, le ministère des Finances est revenu sur sa position, déclarant que malgré les contraintes budgétaires, il « examinerait la mise à disposition à court terme de fonds supplémentaires ».
Toutefois, l’Ukraine devrait justifier ses besoins supplémentaires « afin de se conformer à toutes les règles budgétaires et de pouvoir demander l’autorisation du Bundestag [le parlement] allemand sur cette base ».
Le plus grand groupe d’opposition au Bundestag, le groupe conservateur CDU/CSU, n’a pas tardé à condamner cette décision. « Maintenant, la lutte de l’Ukraine pour la liberté souffre également de la dispute au sein de la coalition [gouvernementale allemande] », a expliqué Johann Wadephul, chef adjoint du groupe parlementaire CDU/CSU, au Redaktionsnetzwerk Deutschland (RND).
Au lieu de fournir à l’Ukraine de nouveaux fonds provenant du budget fédéral, le gouvernement cherche plutôt à trouver d’autres moyens de soutenir le pays, notamment en utilisant les intérêts dégagés par les avoirs russes gelés. Christian Lindner estime que cela pourrait couvrir une grande partie des besoins militaires de l’Ukraine.
Au sein des pays de l’UE et du G7, les alliés de Kiev ont saisi environ 300 milliards de dollars depuis le début de la guerre lancée par la Russie en février 2022. Lors de son dernier sommet en Italie, le G7 a décidé d’utiliser les intérêts des avoirs gelés de la Banque centrale de Russie pour financer un prêt de 50 milliards de dollars à Kiev.
Cependant, on ne sait toujours pas si l’instrument pourra être activé un jour, car il est très controversé d’un point de vue juridique et pourrait créer un précédent regrettable selon certains.
[Édité par Sarah N’tsia]