L'Albanie prend des mesures pour contrer la crise énergétique, sous le feu des critiques

La ministre des Finances, Delina Ibrahimaj, a annoncé mardi (6 septembre) des mesures pour faire face à la crise énergétique et la hausse des prix, à hauteur de 50 millions d'euros. Les critiques fusent, accusant le gouvernement de laisser courir la dette.

EURACTIV avec exit.al
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Et d'ajouter : "celui qui veut son électricité par excès de luxe devra payer plus cher qu'un retraité qui souffre de ne pas boucler ses fins de mois" a lancé le député de la majorité Erion Brace. [Uskarp/Shutterstock]

La ministre des Finances, Delina Ibrahimaj, a annoncé mardi (6 septembre) des mesures pour faire face à la crise énergétique et la hausse des prix, à hauteur de 50 millions d’euros. Les critiques fusent, accusant le gouvernement de laisser courir la dette.

Devant les membres de la commission de l’Économie du parlement albanais, où le budget 2022 était débattu, Mme Ibrahimaj a déclaré que les nouvelles mesures viendraient péreniser le premier paquet de mesures, qui ne devait initalement pas durer plus de trois mois.

« C’est un soutien sur le plus long-terme et qui ciblera les catégories les plus dans le besoin », a déclaré la ministre.

Si Tirana s’attend à une croissance d’environ 3,2 % sur l’année 2022, la ministre des Finances prépare les esprits à un ralentissement dès le début de l’année 2023, « principalement influencé par une baisse générale de la consommation » des ménages et entreprises, face à une hausse des prix considérable.

Une gestion de la crise largement critiqué par les députés d’opposition, mais aussi au sein même du gouvernement, à l’instar du député Erion Brace.

« Le gouvernement devrait tout mettre en œuvre pour réduire la consommation énergétique des services et administrations publics. L’Europe entière s’engage sur ces sujets sauf nous, qui continuons d’utiliser l’électricité n’importe comment », a-t-il lancé.

Et d’ajouter : « celui qui veut son électricité par excès de luxe devra payer plus cher qu’un retraité qui souffre de ne pas boucler ses fins de mois »

Les critiques ont aussi fusé chez le Parti démocrate, qui a accusé le Parti socialiste au pouvoir, d’une mauvaise gestion des deniers publics. Ils pointent notamment du doigt un projet de jardin de 4 millions d’euros aménagé dans l’enceinte de la résidence officielle du Premier ministre, le « jardin d’Eden ».

« La dette publique est supérieure à 100 %. Les propositions des partis d’opposition pour faire face à la crise sont ignorées. Comment pouvez-vous tolérer d’investir 4 millions d’euros aujourd’hui dans un tel projet ? » a demandé la députée Valentina Leskaj à la ministre.

Qui s’est bien gardée de répondre.

[Article édité par Théo Bourgery-Gonse]