L’Allemagne se prépare à une récession en 2024

Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck (Les Verts), a annoncé une révision à la baisse des prévisions précédentes du gouvernement pour 2024 et qu’il s’attendait désormais à ce que le PIB se contracte de 0,2 % cette année.

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Germany signs Memorandum of Understanding on transitional provision of LNG
Robert Habeck a souligné l’importance de réduire les formalités administratives et de mettre en place un système énergétique neutre sur le plan climatique sans surcharger l’économie. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck (Les Verts), a annoncé une révision à la baisse des prévisions précédentes du gouvernement pour 2024 et qu’il s’attendait désormais à ce que le PIB se contracte de 0,2 % cette année.

En Allemagne, la croissance stagne depuis 2018, avec des problèmes structurels profondément enracinés qui minent le pays.

« Depuis 2000, nous avons connu une croissance moyenne d’à peine 1 %, […] et effectivement aucune croissance au cours des six dernières années », a déclaré le ministre lors d’une conférence à Berlin mercredi 9 octobre.

Alors qu’il prévoyait au printemps une croissance de 0,3 %, le gouvernement prédit désormais une récession et s’attend à ce que le PIB du pays diminue de 0,2 % après correction de l’inflation cette année.

La croissance ne devrait reprendre qu’en 2025, a toutefois indiqué le ministre.

Les tensions commerciales avec la Chine et les États-Unis accentuent la pression sur les entreprises allemandes, dépendantes des exportations. Robert Habeck a fait remarquer que l’Allemagne perd actuellement des parts de marché en Chine, tandis que les politiques protectionnistes des États-Unis restreignent encore davantage le libre-échange.

Outre ces défis géopolitiques, le ministre a souligné que les déficits structurels à long terme étaient la cause première des difficultés économiques de l’Allemagne. Le sous-investissement dans les infrastructures et la numérisation, des décennies de dépendance à l’égard de l’énergie russe, le vieillissement de la population et la pénurie de travailleurs qualifiés sont autant de facteurs qui sapent la compétitivité du pays.

L’« initiative de croissance » comme solution

Pour relever ces défis, le gouvernement a lancé le plan « Initiative de croissance », un ensemble de mesures visant à remédier aux faiblesses structurelles et à relancer la croissance économique d’ici à 2025. L’initiative se concentre sur la stimulation des investissements, la réduction des formalités administratives et l’attraction de travailleurs qualifiés.

Robert Habeck a rappelé l’importance de réduire les procédures administratives et de mettre en place un système énergétique neutre sur le plan climatique sans surcharger l’économie. L’un des principaux aspects du plan consiste à baisser les redevances d’utilisation du réseau afin d’alléger le fardeau des entreprises.

Malgré les problèmes profondément enracinés, il y a quelques développements positifs. Les prévisions d’automne du gouvernement font état d’une baisse de l’inflation et d’une hausse des revenus réels. Cela pourrait stimuler les dépenses de consommation. « Au cours des trois ou quatre derniers trimestres, les gens sont redevenus plus riches, de 5 % en moyenne », a-t-il ajouté.

Le gouvernement allemand prévoit une croissance de 1,1 % du PIB en 2025, puis de 1,6 % en 2026.

Mais ces indicateurs positifs ne suffiront pas à eux seuls à résoudre les problèmes du pays, allant de la pénurie de compétences aux lacunes en matière d’infrastructures, et qui nécessiteront des réformes globales et à long terme. « Oui, il y a des problèmes, il y a des défis, et les défis sont plus importants que nous ne l’avons peut-être admis ces dernières années », a reconnu Robert Habeck.

Reste à savoir si cette « initiative de croissance » permettra de redonner vie à celui que l’on appelle l’« homme malade » de l’Europe.