L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve appelle à la création d’une « autre gauche »
Bernard Cazeneuve, Premier ministre du président socialiste François Hollande de 2016 à 2017, a publié un manifeste samedi (3 septembre) sur le site du Journal du dimanche où il estime qu’« une autre gauche est possible, qui rompe avec l’outrance et le sectarisme ».
Bernard Cazeneuve, Premier ministre du président socialiste François Hollande de 2016 à 2017, a publié un manifeste samedi (3 septembre) sur le site du Journal du dimanche où il estime qu’« une autre gauche est possible, qui rompe avec l’outrance et le sectarisme ».
Bernard Cazeneuve critique et s’oppose à l’alliance entre le parti de gauche radical de la France Insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS) réunis au sein de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Il juge le « paysage politique dévastée » en France.
Selon lui, « ni la majorité relative anémiée [des macronistes], ni les oppositions majoritairement animées par la radicalité ne semblent pouvoir répondre aux attentes de nos compatriotes ».
En tout, plus de 400 personnalités politiques ont signé le manifeste. Parmi eux, des anciens ministres, des maires socialistes, des présidents de région mais aussi des membres du Parti radical de gauche (PRG). La maire de Paris et ex candidate à l’élection présidentielle Anne Hidalgo ne figure pas dans les signataires.
« On aurait tort de se satisfaire des postures grandiloquentes de l’insoumission, en acceptant le mariage de l’inconséquence et de la violence, dans un nihilisme où la colère empêcherait l’avènement de l’espérance », peut-on lire encore dans le manifeste. « La gauche à laquelle nous croyons est pétrie de l’esprit de nuance », écrit Bernard Cazeneuve.
C’est pourquoi « il nous revient donc à nous, républicains de gauche et d’où que nous venions, de nous organiser pour rassembler nos forces et conjuguer nos efforts afin de redonner aux Français l’espérance à laquelle ils ont droit », poursuit-il.
L’ancien chef du gouvernement conclut en lançant « un appel à la refondation, et donc à la constitution d’une dynamique collective ».
La gauche française n’a jamais été aussi divisée. Depuis les élections législatives de juin dernier, LFI, le PS, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et le Parti communiste français (PCF) forment désormais la NUPES.
Si certains aimeraient voir cette alliance devenir pérenne, les élections européennes de 2024 révèlent les distorsions au sein du groupe. Par exemple, le candidat écologique Yannick Jadot préférerait une liste écologique autonome plutôt qu’une liste de gauche commune.
De son côté, l’eurodéputé Manuel Bompard a déclaré qu’une alliance des partis de gauche aux élections européennes était un « objectif ».
Dans une interview à EURACTIV France, Mathieu Gallard, directeur de recherche à Ipsos France avait jugé « contreproductif » l’idée pour les partis de gauche de se présenter sur des listes différentes en 2024.
Avant de conclure que cela pourrait « avoir des conséquences négatives sur la NUPES à l’Assemblée nationale ».