Le Parti communiste français rejoint aussi l'alliance de gauche
Le Parti communiste français a conclu dans la nuit de mardi à mercredi (3 mai) un accord électoral avec le parti de la gauche radicale de Mélenchon et rejoint désormais l'alliance de gauche en vue des législatives.
Le Parti communiste français a conclu dans la nuit de mardi à mercredi (3 mai) un accord électoral avec le parti de la gauche radicale de Mélenchon et rejoint désormais l’alliance de gauche en vue des législatives, avec les Verts, qui prévoit la transition vers une Sixième république et la « désobéissance » à certaines règles européennes.
Après une campagne présidentielle marquée par des attaques et des reproches mutuels avec leurs camarades de La France insoumise, les communistes ont finalement choisi d’embarquer dans cette alliance, qualifiée d’ « historique » par les partisans de Mélenchon.
Pour rappel, le candidat communiste Fabien Roussel et Jean-Luc Mélenchon ont récolté respectivement 2,28 % et 21,95% des voix au premier tour de l’élection présidentielle.
Dès le soir du second tour, le président du Mouvement des jeunes communistes Léon Deffontaines a déclaré à EURACTIV France qu’il souhaitait « un grand mouvement d’unité […] pour combattre les politiques libérales ». « Les idées d’égalité, de partage et de solidarité peuvent redevenir majoritaires », a-t-il ajouté.
Après avoir été validé par l’exécutif national du parti dans la matinée, le projet a été soumis à l’approbation du Conseil national dans l’après-midi, qui l’a accepté. « Ensemble, écrivons l’histoire en gagnant ces élections législatives », a réagi le leader communiste Fabien Roussel sur Twitter.
En ligne avec l’accord signé par les écologistes, le projet des communistes et des Insoumis porte notamment une « hausse immédiate du SMIC à 1 400 euros net », des salaires, la retraite à 60 ans et « le blocage des prix sur les produits de première nécessité ».
La renationalisation de certaines entreprises et infrastructures publiques et de banques généralistes sera aussi défendue, ainsi que certaines mesures de « justice fiscale » (rétablissement de l’impôt sur la fortune, taxation du capital et lutte contre l’évasion fiscale).
« L’instauration d’une 6e République » et « la désobéissance aux règles de l’Union européenne qui seraient en contradiction avec l’application » du programme sont aussi mentionnées.
Comme nous l’avions anticipé hier, les communistes ont obtenu cinquante circonscriptions en France métropolitaine, dont seize sont considérées comme gagnables.
Parmi les points de discorde entre les deux camps, la question du nucléaire n’est pas mentionnée dans l’accord. Les communistes devraient cependant continuer à défendre son développement à l’Assemblée nationale, tandis que les Verts et les Insoumis ont promis de sortir du nucléaire pendant la campagne présidentielle.
Le PS « à quelques pas d’un accord historique »
Le Parti socialiste (PS) est « à quelques pas d’un accord historique » avec La France Insoumise, a déclaré le négociateur en chef du parti Pierre Jouvet à Europe 1.
M. Jouvet a ajouté qu’« il reste certains réglages » à négocier avant de parvenir à un accord.
La semaine dernière, l’ancien président socialiste François Hollande a prévenu qu’une alliance entre les partis de gauche français avant les élections législatives pourrait entraîner la disparition du PS.
L’ancien Premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve, a menacé de quitter le PS si un accord était conclu avec La France Insoumise, dans un message publié sur sa page Facebook mardi (3 mai) après-midi.
« En politique, savoir qui l’on est et ce que l’on veut, c’est aussi avoir une idée claire de ce que l’on n’est pas et de ce que l’on n’acceptera jamais de devenir », a-t-il écrit.
[Edité par Sarantis Michalopoulos]