L’armée américaine accèdera à des bases militaires en Suède avant son adhésion à l’OTAN

La Suède et les États-Unis ont signé un accord permettant à l’armée américaine d’accéder à 17 bases militaires suédoises, ce qui a été perçu comme une réponse à Budapest et Ankara qui retardent la candidature de Stockholm à l’OTAN.

Euractiv.com
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Cet accord militaire, le premier du genre entre les deux pays, permettra aux États-Unis de mener des exercices militaires et de ravitailler ses avions et navires militaires en Suède. [[EPA-EFE/Jonas Ekstroemer SWEDEN OUT]]

La Suède et les États-Unis ont signé un accord permettant à l’armée américaine d’accéder à 17 bases militaires suédoises, ce qui a été perçu comme une réponse à Budapest et Ankara qui retardent la candidature de Stockholm à l’OTAN.

Cet accord militaire, le premier du genre entre les deux pays, permettra aux États-Unis de mener des exercices militaires et de ravitailler ses avions et navires militaires en Suède.

En vertu de cet accord, l’armée américaine sera autorisée à stocker des armes et des munitions dans diverses bases militaires en Suède, mais devra informer le gouvernement en détail de ce qui est importé — ce qui, comme l’a précisé le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, n’inclura pas d’armes nucléaires.

« Non, la position de la Suède est bien connue », a déclaré le ministre de la Défense dans une interview accordée à la Radio nationale suédoise, ajoutant que la Suède ne voyait « aucun besoin ni aucune raison d’avoir des armes nucléaires sur son territoire, et les États-Unis respectent cela ».

D’aucuns estiment toutefois que cet accord est davantage un moyen de contourner le fait que la Suède n’est toujours pas membre de l’OTAN, la Hongrie et la Turquie continuant de retarder le processus de ratification dans leurs pays respectifs. Au début de l’année, les deux pays ont assuré que leurs parlements respectifs ratifieraient sous peu la demande d’adhésion de la Suède, mais rien ne s’est encore produit.

Et dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu, il semble que les États-Unis ne puissent pas attendre les approbations du président turc Recep Tayyip Erdoğan et du Premier ministre hongrois Viktor Orbán.

« Cela signifie que nous n’avons pas à attendre certains décideurs qui sont à la traîne, et nous pouvons préparer le terrain pour le jour où la Suède rejoindra enfin l’OTAN », a déclaré à Euractiv une source au fait du dossier.

Comparé à un accord conclu l’année dernière entre les États-Unis et la Norvège, qui donnait aux États-Unis l’accès à seulement quatre sites, l’accord avec la Suède est plus ambitieux, listant 17 sites allant de Kiruna, Boden et Luleå au nord à Ronneby et Revingehed au sud du pays.

« Il s’agit de garnisons ou de sites militaires existants ; il n’est pas question d’établir de nouvelles bases militaires américaines, et il peut s’agir d’une zone limitée », a déclaré M. Jonson.

Il a ajouté que les forces armées suédoises et les États-Unis ont négocié et se sont mis d’accord sur des sites appropriés qui peuvent créer des conditions favorables pour des unités de combat terrestres, maritimes ou aériennes.

« Il y a une logique militaire qui sous-tend le choix des sites », a-t-il déclaré.

En ce qui concerne la différence entre l’accès des États-Unis en Norvège et en Suède, M. Jonson explique que la Suède est un pays vaste et allongé.

« Il peut y avoir des raisons d’avoir plus de sites que la Norvège. Il n’est pas du tout certain que les 17 sites seront utilisés, mais il y a une marge de manœuvre », a ajouté le ministre.

Pour que l’accord entre en vigueur, le parlement suédois doit approuver le projet de loi, qui sera soumis par le gouvernement avec une majorité des trois quarts — M. Johnson s’attend à ce que le projet de loi entre en vigueur d’ici un an.