Le choix d’un nouvel ambassadeur met David Cameron sous pression

Une commission parlementaire britannique souhaite avoir un droit de regard sur le poste de représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’UE. 

EURACTIV.com
Le Brexit risque d'ôter un peu d'éclat à la grandeur de Londres, et les autres villes européennes pourraient en profiter.

Une commission parlementaire britannique souhaite avoir un droit de regard sur le poste de représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’UE. 

Jon Cunliffe, le représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l'UE, quitte Bruxelles pour aller exercer la fonction de gouverneur adjoint de la Banque d'Angleterre. Ivan Rogers, actuellement conseiller en affaires extérieures du premier ministre britannique, devrait remplacer M. Cunliffe au cours des prochaines semaines.

Il entrera en fonction à un moment délicat dans les relations entre le Royaume-Uni et l'UE. David Cameron tente de rapatrier des compétences de Bruxelles vers Londres. Son parti promet d'ailleurs d'organiser un référendum sur le maintien au sein de l'UE en 2017 s’il remporte les élections.

Le député Bill Cash, président de la commission des affaires européennes de la chambre des communes, a écrit à au premier ministre britannique. Il lui a demandé que sa commission lui pose des questions avant sa désignation.

Même si les auditions avant les nominations sont courantes dans le régime politique américain, elles commencent à peine à gagner du terrain au Royaume-Uni.

La commission peut convoquer des témoins si nécessaire

Bill Cash a expliqué à EURACTIV que la commission de liaison, un autre organe influent qui rassemble les présidents de toutes les autres commissions, plaidait déjà en faveur d'une audition avant la nomination.

Selon le député britannique, étant donné que le poste de représentant permanent concerne la prise de décision législative, un domaine attribué à sa commission, « il s'agit d'une question de responsabilité envers le parlement ».

La commission britannique des affaires étrangères a proposé d'organiser l'audition début septembre. Son président, Bill Cash, a ajouté qu'il avait demandé à David Cameron de motiver un éventuel refus.

Eurosceptique de premier plan, il a refusé de révéler les actions que sa commission pouvait prendre si sa demande était rejetée. La commission a néanmoins le droit de convoquer des témoins si nécessaire.

Les questions adressées à Ivan Rogers se focaliseront probablement sur son passé politique. Des observateurs indiquent qu'il a renforcé les relations de son pays avec l'Allemagne ces derniers mois. Un rapprochement critique si David Cameron parvient à rapatrier des compétences importantes de Bruxelles.

Son passé politique pourrait également préoccuper l'aile eurosceptique du Parti conservateur. Dans les années 1990, il occupait le poste de chef de cabinet du vice-président de la Commission européenne, Lord Leon Brittan. Il a également travaillé comme secrétaire personnel auprès de Kenneth Clarke, le ministre britannique des finances de l'époque.

MM. Brittan et Clarke sont considérés comme des figures de proue des proeuropéens au sein du Parti conservateur.