Le "cirque ambulant" entre Bruxelles et Strasbourg continue [FR]
En raison du veto du chancelier autrichien Wolfgang Schüssel et malgré la pression croissante de l'opinion publique, le Sommet européen a décidé de ne pas remettre en question les déplacements mensuels des députés à Strasbourg.
En raison du veto du chancelier autrichien Wolfgang Schüssel et malgré la pression croissante de l’opinion publique, le Sommet européen a décidé de ne pas remettre en question les déplacements mensuels des députés à Strasbourg.
Le président du Parlement européen, Josep Borrell, devait s’exprimer sur cette question lors du sommet européen des 15 et 16 juin 2006. Il y a finalement renoncé lorsque le chancelier Schüssel, qui est à la tête de la présidence tournante du Conseil jusqu’à la fin du mois, lui a notifié que la question de Strasbourg n’était « pas à l’ordre du jour ».
Dans une lettre adressée à M. Borrell, M. Schüssel a écrit : « Les consultations avec les Etats membres – notamment avec la France, où se situe le Parlement – ont clairement montré que cette question ne relève pas du Conseil. »
La décision de tenir la plupart des sessions du Parlement à Strasbourg a été prise lors d’un sommet européen en 1992 et confirmée par le traité d’Amsterdam de 1997. Toute nouvelle décision à ce sujet nécessiterait l’unanimité des Etats membres – un scénario peu probable, la France ayant signalé à plusieurs reprises qu’elle refuserait tout changement à l’accord existant.
M. Borrell est plus positif au sujet des déambulations du Parlement qu’un groupe de 140 députés européens à l’origine de la campagne pour la réforme du parlement. Ce groupe, qui a fait pression sur le président du Parlement pour que ce dernier soutienne leurs arguments devant les dirigeants européens, a lancé une pétition en ligne en mai 2006, qui a reçu la signature de 575 000 citoyens en un peu plus d’un mois.
Les 732 députés européens, leur personnel, les journalistes et les lobbyistes font un déplacement de 450 kms pour assister aux douze sessions de quatre jours qui se tiennent chaque année à Strasbourg. Dix grands camions, chargés et conduits par une équipe de 30 personnes, sont nécessaires pour transporter les dossiers et les équipements à chaque fois. Le coût pour les contribuables est d’environ 200 millions d’euros par an.
La campagne contre ce que les cercles bruxellois ont surnommé le ‘cirque ambulant’ du Parlement, a été relancée en avril 2006, lorsqu’il s’est avéré que la ville de Strasbourg avait surfacturé de plusieurs millions d’euros la location au Parlement des bâtiments Winston Churchill et Salvador de Madariaga.