Le conflit UE-Russie sur le gaz incite à un sommet de l’UE [FR]
La Russie et l’Ukraine ont cherché le soutien de Bruxelles afin de résoudre une dispute sur l’approvisionnement gazier qui dure depuis des semaines et en raison de laquelle six pays européens commencent à manquer de gaz. Des envoyés nationaux de l’UE se rencontreront aujourd’hui à Prague sous les auspices de la présidence tchèque de l’UE pour développer une réponse commune.
La Russie et l’Ukraine ont cherché le soutien de Bruxelles afin de résoudre une dispute sur l’approvisionnement gazier qui dure depuis des semaines et en raison de laquelle six pays européens commencent à manquer de gaz. Des envoyés nationaux de l’UE se rencontreront aujourd’hui à Prague sous les auspices de la présidence tchèque de l’UE pour développer une réponse commune.
Le géant russe Gazprom a suspendu les approvisionnements vers l’Ukraine le 1er janvier après que les discussions sur la renégociation d’un nouveau contrat de distribution pour 2009 ont échoué en raison de féroces disputes sur la fixation des prix.
Bien que l’approvisionnement vers les pays de l’UE ne devrait pas être affecté, quelques Etats membres ont signalé une réduction des livraisons russes. La Russie a déclaré que l’Ukraine continue de voler le gaz naturel destiné à l’Europe pour subvenir à ses propres besoins. L’Ukraine a nié de telles allégations, avançant des raisons techniques aux réductions de gaz naturel destiné à l’Europe. Kiev a également demandé une médiation de l’UE, option qui a été rejetée par Moscou.
Dans les cinq jours après la suspension de l’approvisionnement, la Pologne, qui a été la plus affectée par le conflit, a signalé une baisse de 11 % du gaz russe acheminé via l’Ukraine. Mais d’autres pays comme la Hongrie, la Roumanie, la Turquie, la Bulgarie et la République tchèque ont également ressenti les effets de la diminution de l’approvisionnement.
L’UE rechignait tout d’abord à intervenir dans le conflit, qu’elle perçoit comme une querelle commerciale. Mais les ambassadeurs de l’Union se rencontrent aujourd’hui (5 janvier) à Bruxelles, afin de discuter du problème et de coordonner une réponse commune. L’UE pourrait envoyer une équipe d’investigation dans les deux pays dans les prochains jours, samedi prochain (3 janvier) selon les représentants de l’UE cités par la Deutsche Presse.
Selon les analystes, l’UE dispose de suffisamment de réserves pour pourvoir aux approvisionnements pendant quelques mois. Les entreprises publiques allemandes, dont 37 % de l’approvisionnement provient de Russie, ont déclaré que les livraisons se sont faites normalement et que les clients n’ont subi aucune interruption.
Autres routes possibles
En raison de la dispute, l’Ukraine tout comme la Russie se sont vu forcées de rassurer les Européens que leur approvisionnement ne sera pas affecté. Gazprom, exportateur géant de gaz appartenant à l’Etat russe, a indiqué qu’il encouragerait désormais les livraisons de gaz naturel vers l’Europe en utilisant deux routes différentes, l’une passant par la Biélorussie et l’autre par la Turquie. PGNiG, l’entreprise polonaise de gaz, a déclaré qu’elle comptait sur le gaz russe livré via la Biélorussie pour compenser le manque de gaz ukrainien.
Depuis que l’acheminement du gaz vers l’Ukraine a été suspendu, les approvisionnements en gaz par le biais du gazoduc Yamal-Europe et du système Beltransgaz (qui passent tous les deux par la Biélorussie) ont augmenté, tout comme ceux utilisant le Blue Stream pour arriver en Turquie.