Le Conseil européen de l'innovation consacre 20 millions d'euros au financement de startups ukrainiennes

Le Conseil européen de l’innovation consacrera 20 millions d’euros au financement de startups ukrainiennes, quelques jours après qu’un eurodéputé a lancé une enquête sur les problèmes dont souffre l’organisme.

Euractiv.com
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La secrétaire d’État britannique à la Science, à l’Innovation et à la Technologie, Michelle Donelan, a minimisé la perspective d’un accord rapide avec Bruxelles, décrivant les pourparlers comme une « réunion d’introduction avec l’UE » qui permettrait de discuter d’une « possible collaboration future dans le cadre du programme Horizon Europe ». [SHUTTERSTOCK/PopTika]

Le Conseil européen de l’innovation (CEI) consacrera 20 millions d’euros au financement de startups ukrainiennes, quelques jours après qu’un eurodéputé a lancé une enquête sur les problèmes dont souffre l’organisme depuis son lancement.

La Commission prévoit de modifier le programme de travail 2022 de du CEI afin d’allouer des subventions d’un montant maximal de 60 000 euros et un soutien non financier à au moins 200 startups ukrainiennes spécialisées dans les technologies de pointe, a annoncé jeudi 9 juin la commissaire à la Recherche et à l’Innovation, Mariya Gabriel.

Le CEI a été lancé l’année dernière dans le cadre d’Horizon Europe, le programme phare de l’UE en matière de recherche et d’innovation. L’organe de l’UE comprend un secteur spécialisé dans le financement, le programme EIC Accelerator, conçu pour apporter un financement aux startups et PME de l’UE dans le développement et l’évolution des entreprises deeptech à haut risque.

Cependant, le CEI a connu plusieurs problèmes depuis son lancement, notamment des retards importants dans le versement des financements aux bénéficiaires. L’eurodéputé conservateur Christian Ehler a annoncé lundi le lancement d’une enquête sur le fonctionnement du CEI afin de produire un rapport sur ses problèmes et les solutions possibles.

« En raison des querelles intestines de la Commission sur la gestion du fonds du CEI, des dizaines de startups se retrouvent sans le flux de trésorerie qui leur avait été promis », a déclaré M. Ehler à EURACTIV. « Cela met en péril l’ensemble de l’instrument. »

Les startups ukrainiennes

Les 20 millions d’euros de financement annoncés cette semaine seraient mis à la disposition des startups dans le cadre d’un appel ouvert le 23 juin. Selon Mme Gabriel, lors d’une conférence de presse, l’objectif est d’établir « un réseau paneuropéen d’associations de startups afin de soutenir l’intégration des entreprises technologiques ukrainiennes innovantes dans les écosystèmes européens et d’améliorer leurs opérations en Ukraine. »

La Commission affirme que la participation aidera également à préparer les startups ukrainiennes à concourir pour les fonds du CEI.

« Sur la base de nos évaluations, plus de 70 % des startups continuent leur travail en Ukraine malgré la guerre », a déclaré Olha Stefanishyna, vice-Première ministre ukrainienne pour l’Intégration européenne et euro-atlantique. « Cet investissement est donc très précieux. Ils sont prêts à travailler et à se développer, mais la plupart des projets aux premiers stades ont besoin de fonds supplémentaires pour survivre. »

Elle a ajouté que les entreprises ukrainiennes pouvaient également proposer des solutions durables aux problèmes de l’écosystème de l’UE, soulignant qu’« au début de cette agression, de nombreuses entreprises et personnes ukrainiennes ont fui vers l’Union européenne. Nous sommes déjà très bien intégrés dans l’écosystème de l’UE, et nous avons des solutions à proposer. »

Le lancement du premier centre scolaire ukrainien a également été annoncé au début du mois. Il s’agit d’offrir aux élèves ukrainiens déplacés un espace leur permettant d’accéder à des ressources et à des outils pour compléter l’enseignement qu’ils reçoivent dans les écoles des États membres de l’UE.

Un accord signé en octobre dernier pour impliquer l’Ukraine dans Horizon Europe et dans le programme Euratom de recherche et de formation est également entré en vigueur jeudi, ouvrant la voie à une collaboration accrue entre les chercheurs et les entreprises ukrainiens et européens.

La contribution financière habituellement exigée pour la participation à ces deux programmes a été supprimée pour 2021 et 2022 en raison de la guerre.

Enquête parlementaire

Mais le CEI dans son ensemble a fait l’objet d’un examen approfondi depuis son lancement. Des complications liées à la gestion de l’organisme, notamment en ce qui concerne la participation de la Banque européenne d’investissement à la supervision de son activité, ont entraîné des retards importants et multiples dans la réception des financements par les bénéficiaires.

La Commission a reconnu en mai ces retards, les attribuant à la restructuration et à la gestion du CEI qui, selon elle, devraient être terminées d’ici à la fin juin.

M. Ehler, qui siège à la commission parlementaire de l’Industrie et qui a dirigé les travaux sur Horizon Europe, a appelé la Commission le mois dernier à traiter ces questions et a annoncé qu’il prévoyait d’approfondir l’enquête et de produire un rapport sur les principaux problèmes et la manière de les résoudre.

« Le CEI devrait être un instrument qui change la donne pour les startups deeptech européennes », a écrit M. Ehler sur Twitter. « Le programme pilote a montré que le CEI peut produire des résultats, mais il n’est pas entravé par les problèmes de mise en application que s’inflige la [Commission]. »

M. Ehler demande maintenant que les retours d’expérience du CEI, qu’ils soient positifs ou négatifs, soient envoyés d’ici la semaine prochaine. L’enquête se concentrera principalement sur les retards pris par le programme EIC Accelerator, a indiqué M. Ehler à EURACTIV, mais elle se penchera également sur le rôle du conseil d’administration du CEI et sur les leçons tirées de la phase pilote du CEI 2018-2020.