Le Danemark a envisagé de détruire ses propres pistes d'atterrissage au Groenland par crainte d'une attaque américaine

L'Europe s'est mobilisée alors que les inquiétudes grandissaient face à une éventuelle initiative américaine

EURACTIV.com
[Photo : Muath Hamed/Anadolu via Getty Images]

Le Danemark se serait discrètement préparé à faire sauter ses propres pistes d’atterrissage au Groenland, alors que les alliés européens dépêchaient des troupes vers le nord, craignant que les États-Unis ne tentent de s’emparer de force de ce territoire arctique en janvier.

Selon un reportage de la chaîne nationale danoise DR, citant plusieurs sources haut placées à Copenhague et à travers l’Europe, les forces danoises déployées au Groenland en janvier 2026 transportaient des explosifs destinés à détruire les principales pistes d’atterrissage de Nuuk et de Kangerlussuaq, afin d’empêcher l’accès à tout avion militaire américain dans le pire des cas.

Cet épisode montre à quel point le Danemark et ses alliés européens semblent avoir envisagé – et s’être préparés à – une confrontation militaire potentielle avec les États-Unis, soulignant les tensions dans les relations transatlantiques et donnant un nouvel élan à la volonté de l’Europe de renforcer son autonomie stratégique.

« Nous avons été confrontés à la situation de politique étrangère la plus difficile depuis la Seconde Guerre mondiale », a déclaré la Première ministre danoise Mette Frederiksen, commentant ces révélations en marge du sommet européen de jeudi. « La seule raison pour laquelle nous sommes aujourd’hui dans une meilleure position, c’est parce que nous avons des alliés européens proches, solides et fiables. »

Ces déploiements n’auraient pas été purement symboliques. Des avions auraient transporté des réserves de sang depuis des hôpitaux danois, ce qui indique une préparation à d’éventuelles victimes de combat. Des avions de chasse F-35 danois auraient été armés et repositionnés, tandis que des moyens navals français et des troupes multinationales ont été envoyés vers l’Arctique. Plusieurs autres pays européens ont également envoyé en urgence des soldats au Groenland au plus fort de la crise, afin de manifester leur soutien au Danemark et de renforcer la sécurité dans l’Arctique.

La France seule aurait été prête à envoyer plusieurs centaines de soldats sur l’île arctique. « Voulez-vous plus de soldats ? Vous pouvez les avoir. Voulez-vous plus de soutien naval ? Vous pouvez l’avoir aussi. Vous voulez plus de soutien aérien ? Vous pouvez l’avoir aussi », a assuré un responsable français à DR.

L’opération militaire américaine au Venezuela, le 3 janvier 2026, a marqué un tournant. Pour les responsables européens, cette initiative a démontré que le président Donald Trump était prêt à recourir à la force, ce qui a renforcé les craintes que ses déclarations répétées sur la « prise » du Groenland ne se traduisent en actes.

Les responsables américains n’ont pas précisé si des options militaires avaient jamais été officiellement envisagées. Trump a finalement renoncé à ses menaces de s’emparer du territoire par la force, après que ses alliés politiques et les pays européens l’aient mis en garde contre des conséquences désastreuses.

Frederiksen, qui fait face aux élections législatives prévues mardi 24 mars, a déclaré dimanche qu’elle ne considérait plus les États-Unis comme l’allié le plus proche du Danemark. « Quand on demande qui sont nos alliés les plus proches aujourd’hui, la réponse est l’Europe, les pays nordiques et des partenaires tels que le Canada », a affirmé Frederiksen lors d’un débat télévisé.

(aw)