Le Danemark confronté à de nouvelles formes de menaces terroristes

Le Danemark est confronté à de nouvelles formes de menaces terroristes, notamment l’extrémisme antiautoritaire et un phénomène dit d’« hybridation », tandis que le terrorisme islamiste reste la principale menace pour le pays.

Euractiv.com
Copenhagen
Bien que l’État islamique et Al-Qaïda aient été affaiblis sur le terrain, y compris au Moyen-Orient, les groupes terroristes sont « loin d’avoir disparu ». [ [Shutterstock/Getmilitaryphotos]]

Le Danemark est confronté à de nouvelles formes de menaces terroristes, notamment l’extrémisme antiautoritaire et un phénomène dit d’« hybridation », tandis que le terrorisme islamiste reste la principale menace pour le pays. C’est ce que révèle l’évaluation annuelle du Centre danois d’analyse (CTA) du terrorisme qui a été publiée mardi (28 mars).

Dans son rapport annuel, le Centre d’analyse du terrorisme, qui dépend du Service danois de sécurité et de renseignement (PET), a déterminé les principales menaces terroristes pesant sur le Danemark, le terrorisme islamiste demeurant la principale menace pour le pays.

Bien que l’État islamique et Al-Qaïda aient été affaiblis sur le terrain, y compris au Moyen-Orient, les groupes terroristes sont « loin d’avoir disparu ».

Selon le Service de sécurité et de renseignement, le terrorisme islamiste a la capacité, l’intention et la possibilité de planifier des attaques contre le Danemark et les intérêts danois.

L’année dernière, le Danemark a puni encore plus sévèrement le terrorisme : un homme de 35 ans a été condamné à la peine la plus lourde jamais prononcée dans une affaire de terrorisme au Danemark pour avoir planifié et financé des actes de terrorisme, tandis que deux jeunes sympathisants de l’État islamique ont été condamnés chacun à une peine de 12,5 ans de prison en juillet de l’année dernière pour avoir tenté de fabriquer des bombes destinées à être utilisées lors d’un attentat.

Selon le PET, la menace terroriste n’a pas augmenté depuis l’année dernière, même si elle a été qualifiée de « sérieuse ». Les Danois eux-mêmes courent un faible risque d’être ciblés par le terrorisme.

En ce qui concerne les menaces contre les élus, à savoir le « terrorisme antiautoritaire », le PET en fait mention dans son rapport pour la deuxième année consécutive, car de telles menaces sont devenues une réelle préoccupation depuis le début de la pandémie.

Cette année, un nouveau concept a toutefois été inclus dans l’évaluation du PET : l’hybridation. Selon le service, ce terme recouvre les extrémistes qui ne peuvent être classés comme appartenant à un point de vue politique ou à une idéologie spécifique, car leur vision du monde est basée sur un ensemble mixte de récits.

« Nous pouvons constater une tendance croissante en Occident et au Danemark : des individus font de plus en plus un cocktail de leurs propres images du monde et de l’ennemi, qui sont caractérisées par des croyances idéologiques et religieuses », a déclaré Michael Hamann, directeur du Centre d’analyse du terrorisme.

Le rapport du CTA suggère que l’hybridation implique une combinaison de théories du complot et de facteurs personnels, notamment la maladie mentale et les images « ennemies » — y compris la numérisation, la crise climatique, les pandémies et la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Cette nouvelle forme d’extrémisme se caractérise également par la prévalence des théories du complot et de la désinformation sur l’internet.

Ce type de menace est susceptible d’influencer, de mobiliser et de radicaliser non seulement les extrémistes existants, mais aussi des personnes qui ne l’étaient pas auparavant, et d’inspirer ou de légitimer des personnes influentes — y compris des personnes souffrant de troubles mentaux — pour qu’elles passent à l’acte de manière violente, peut-on lire dans le rapport du CTA.

L’attaque du Congrès américain le 6 janvier 2021 constitue un exemple notoire d’hybridation de l’extrémisme. Au Danemark, la secrétaire permanente du cabinet du Premier ministre, Barbara Bertelsen, s’est vu attribuer l’an dernier des gardes du corps permanents pour assurer sa protection en raison de son rôle dans la gestion générale de la pandémie de COVID-19.

« La rhétorique visant des individus spécifiques, tels que des élus ou certains professionnels », s’est particulièrement développée en ligne, a déclaré M. Hamann, ajoutant que ces individus « servent de points de référence communs pour les extrémistes antiautoritaires en particulier ».

Au Danemark, la menace terroriste posée par les extrémistes de gauche reste « minime », tandis que celle des extrémistes de droite reste « générale », comme dans les autres pays occidentaux.