Le Front National en première position aux européennes, selon l'Ifop

Le parti d'extrême droite récolterait 24 % des voix si les européennes étaient organisées aujourd'hui, selon un sondage Ifop. C'est la première fois que le Front National est estimé en tête à une élection nationale. Le président Hollande a défendu les atouts de l'Europe dans une interview.

EURACTIV.fr / Reuters
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Le parti d'extrême droite récolterait 24 % des voix si les européennes étaient organisées aujourd'hui, selon un sondage Ifop.
C'est la première fois que le Front National est estimé en tête à une élection nationale. Le président Hollande a défendu les atouts de l'Europe dans une interview.

Le Front national arriverait en tête aux élections européennes de juin 2014, devançant nettement l'UMP et le Parti socialiste, selon un sondage Ifop pour le Nouvel observateur, qui y voit le signe d'une recomposition politique.

Le parti de Marine Le Pen, qui s'est fixé pour objectif de devenir le "premier parti de France" à l'occasion de ce scrutin, est crédité de 24% des intentions de vote, l'UMP dirigée par Jean-François Copé de 22% et le PS de 19%.

Le parti d'extrême-droite devancerait les partis traditionnels au niveau national

Le FN devance pour la première fois dans un sondage d'intentions de vote portant sur une élection à caractère national ses concurrents de gauche et de droite.
Pour l'hebdomadaire, ce sondage diffusé mercredi décrit "une réalité nouvelle", à savoir que la place du FN, dont Marine Le Pen réfute qu'il soit d'extrême droite, est non plus "à la marge, mais au centre du jeu politique".
"Marine Le Pen ne se contente plus de brouiller les cartes, comme aimait tant le faire son père. Elle peut désormais les redistribuer à sa main et cela change tout", écrit-il.
Selon le Nouvel Observateur, dans une France électorale tripolaire, "le ticket d'entrée pour le tour décisif d'une future présidentielle (est) de moins en moins garanti pour les champions de l'UMP et du PS".

Le centre récolterait 11 % des voix

Par rapport à un sondage Ifop effectué en mai dernier, le FN progresse de trois points, l'UMP d'un point et le PS en perd deux.
Une liste d'union entre l'UDI de Jean-Louis Borloo et le MoDem de François Bayrou se placerait en quatrième position avec 11% des intentions de vote, un total inférieur à celui dont étaient crédités les deux partis séparément en mai dernier.
Suivraient la liste du Front de gauche soutenue par Jean-Luc Mélenchon (10%, + 1), et celle d'Europe Ecologie-Les Verts soutenue par la ministre du logement Cécile Duflot (6%, -1,5).
La progression du FN se fait essentiellement dans trois catégories: les personnes âgées, les ouvriers, où il était déjà très puissant et où il progresse encore au point d'attirer désormais un électeur sur deux, et les soutiens de François Hollande à la présidentielle, qui passent de 3% à 11%.
Ce sondage souligne une dynamique, le parti de Marine Le Pen étant le seul à progresser vraiment, tandis que le bloc des gauches ne rassemble plus que 37% des électeurs.
L'enquête a été effectuée auprès d'un échantillon de 1.893 personnes, extrait d'un autre échantillon de 1.995 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Le président Hollande défend la notion d'Europe face au populisme

Interrogé dans trois journaux européens, Le "Soir", "De Standaard" et au "Nouvel Obs", François Hollande a fortement réagi, en mettant en avant les atouts de l'Europe.

«Il faut revendiquer ce que l'Europe a été capable de faire, a-t-il dit. Elle a dominé la crise financière ; la zone euro est toujours là ; l'Union bancaire nous protégera de nouveaux chocs, et la Banque centrale européenne a plutôt bien agi en concertation avec les institutions communautaires. L'Europe a tenu.»

Sur la question des frontières, le président a défendu l'espace Schengen, après le drame de Lampedusa, rappelant que le retour aux frontières nationales ne ferait que renforcer la faiblesse des Etats face à l'immigration.

"Le rôle de Schengen est de fixer des règles qui sont la condition de la liberté de circulation.» Mais il a aussi concéder: «S'il faut les renforcer, j'y suis prêt.