Le gouvernement allemand rejette l’appel de l’AfD pour un référendum sur la sortie de l’Allemagne de l’UE
« Aucune personne saine d’esprit » ne soutiendrait une sortie de l’Allemagne de l’UE, ont déclaré les législateurs des partis gouvernementaux allemands lundi, après que la dirigeante de l'AfD a suggéré qu’un référendum de type Brexit était un « modèle pour l’Allemagne ».
« Aucune personne saine d’esprit » ne soutiendrait une sortie de l’Allemagne de l’UE, ont déclaré les législateurs des partis gouvernementaux allemands lundi (22 janvier), après que la dirigeante du parti d’extrême droite AfD (Alternative pour l’Allemagne) a suggéré qu’un référendum de type Brexit était un « modèle pour l’Allemagne ».
Alors que l’AfD est actuellement en deuxième position dans les sondages avant les élections européennes de juin, sa dirigeante Alice Weidel a fait les gros titres lundi, appelant à « un référendum sur […] une sortie de l’Allemagne de l’UE ».
« Si une réforme n’est pas possible, nous devrions laisser le peuple décider, comme l’a fait la Grande-Bretagne », a-t-elle déclaré au Financial Times, soulignant les ambitions de l’AfD de réduire les pouvoirs des institutions européennes.
Toutefois, les représentants de la coalition gouvernementale allemande ont rejeté tout scénario de ce type en raison des « conséquences incontrôlables » pour le pays et l’économie.
« Aucune personne saine d’esprit ne peut sérieusement réclamer [la sortie de l’Allemagne de l’UE] », a écrit Reinhard Houben, député libéral du FDP en charge des affaires économiques, sur X.
« Un “Dexit” [sortie de l’Allemagne de l’UE] aurait des conséquences incontrôlables pour notre pays et l’Europe dans son ensemble », a-t-il ajouté.
Franziska Brantner, députée écologiste et ministre adjointe au ministère de l’Économie, a affirmé qu’une sortie « mettrait en péril les fondements de notre richesse ».
Le marché unique de l’UE est « essentiel pour notre succès économique en tant qu’économie forte [basée sur les exportations] », a-t-elle déclaré à l’AFP, tandis que l’eurodéputée Katarina Barley (SPD, S&D) a également souligné les conséquences économiques négatives du Brexit pour le Royaume-Uni sur X.
La suggestion de Mme Weidel a fait réagir en raison du niveau extrêmement élevé de soutien à l’adhésion à l’UE au sein de la population allemande, y compris chez les partisans de l’AfD.
Dans un récent sondage, la Fondation Konrad Adenauer a constaté que 87 % des Allemands soutenaient l’adhésion de l’Allemagne à l’UE, comme l’a rapporté Euractiv en novembre.
Bien que le chiffre soit le plus bas parmi les partisans de l’AfD, une majorité de 52 % d’entre eux s’est déclarée en faveur du maintien de l’Allemagne dans l’UE.
En outre, les référendums au niveau national sont pratiquement interdits par la constitution allemande.
La position de l’AfD reste nébuleuse
Face à la diminution du nombre de personnes favorables à une sortie de l’Allemagne de l’UE, l’AfD elle-même a supprimé de son manifeste pour 2024 l’appel explicite à la dissolution de l’UE pour lequel elle avait fait campagne lors des dernières élections générales.
L’appel à une « dissolution contrôlée » de l’UE qui figurait dans une version préliminaire du manifeste a ensuite été expliqué comme une erreur éditoriale.
Cependant, la position de l’AfD reste quelque peu nébuleuse au vu des derniers commentaires de Mme Weidel.
Maximilian Krah, le principal candidat de l’AfD pour les élections européennes, a précédemment insisté sur le fait que l’Allemagne ne quitterait pas l’UE seule — un tel « Dexit » n’est pas quelque chose qu’il soutient.
Toutefois, dans son manifeste, le parti qualifie l’UE de « projet raté » et « irréformable », ce qui laisse ouverte la possibilité d’une sortie unilatérale par le biais d’un référendum, d’après Mme Weidel.
Dans son manifeste, l’AfD s’engage également à remplacer l’UE par une nouvelle « confédération de nations européennes ».
Le soutien à l’abolition de l’UE et aux sorties nationales de l’UE parmi les alliés européens de l’AfD issus du groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) est toutefois en train de faiblir. Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, par exemple, a abandonné l’idée d’abolir l’UE.