Le gouvernement grec obtient la confiance de justesse
La voie est libre pour adopter un nouveau plan de rigueur. Mais de nombreuses épreuves attendent encore Athènes.
La voie est libre pour adopter un nouveau plan de rigueur. Mais de nombreuses épreuves attendent encore Athènes.
La Grèce évite la crise politique à 12 voix près. Hier soir, 155 députés contre 143 ont accordé leur confiance au gouvernement socialiste.
Un résultat qui « lève un élément d’incertitude dans une situation déjà très compliquée », a commenté José Manuel Barroso, président de la Commission européenne.
Une nouvelle étape attend la Grèce, avec l’adoption d’un plan d’austérité de 28 milliards d’euros sur cinq ans, condition sine qua non pour obtenir une nouvelle tranche d’aides de 12 milliards d’euros.
Les délais sont très courts, car le train de mesures prévu (économies, hausses d’impôts et privatisations) devra être assorti de lois d’applications d’ici le 3 juillet, date de la réunion des ministres des Finances de l’UE.
Si Athènes essaie de récupérer la confiance des marchés, elle est en train de perdre celle du peuple. Lors du vote, plus de 20 000 manifestants se sont agglutinés près du Parlement pour protester contre ces nouvelles mesures d’austérité.
Eurobonds
« La réaction des Grecs sera décisive. Si on voit des voitures brûlées et des manifestations demain, alors cette victoire à court-terme partira en fumée », a déclaré William Larkin, gestionnaire de portefeuille à Cabot Money Management à Salem, dans le Massachusetts.
Ce matin, sur France inter, le député d’Europe Ecologie Daniel Cohn Bendit a mis en garde contre l’adoption « trop rapide » de coupes budgétaires. Il a souligné qu’il ne fallait pas perdre de vue la relance économique par l’investissement.
Depuis mai 2010, la BCE a racheté près de 80 milliards d’euros d’obligations publiques (irlandaises, grecques, portugaises, espagnoles).
Une autre solution pourrait être mise en place à travers les « eurobonds », grâce auxquels les États dotés de la monnaie unique pourraient émettre conjointement des obligations. Cette solution permettrait aux pays les plus endettés d’emprunter à un taux d’intérêt moindre. Chaudement soutenus par Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, et Giulio Tremonti, ministre italien des Finances, les eurobonds suscitent l’hostilité de Berlin.