Le groupe de Visegrad n’est pas aussi crucial que le prétendent ses dirigeants politiques
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Aujourd’hui dans les Capitales
PRAGUE
Le groupe de Visegrad n’est pas aussi crucial que le prétendent ses dirigeants politiques. La coopération au sein du groupe de Visegrad (une organisation intergouvernementale rassemblant la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie) est toujours importante, mais pas aussi cruciale que les dirigeants politiques le prétendent souvent. C’est ce que suggère une nouvelle étude basée sur une enquête auprès d’experts tchèques, hongrois, polonais et slovaques en politique étrangère et européenne.
Selon Pavlína Janebová, directrice de recherche de l’Association pour les affaires internationales (AMO), « la coopération de Visegrad n’est pas une alliance aussi vitale que ce que certains politiciens prétendent. »
L’importance de la coopération du groupe de Visegrad (V4) est un récit qui a été poussé par le Premier ministre tchèque sortant Andrej Babiš, son homologue hongrois Viktor Orbán et le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.
« Je ne comprends pas pourquoi on critique le V4. Ce bloc de quatre pays a joué un rôle majeur dans la lutte contre l’immigration clandestine. Le V4 est important, et ce sont nos plus grands partenaires en matière d’exportation, d’importation, et il y a aussi des relations historiques », a déclaré M. Babiš avant le sommet du groupe de Visegrad la semaine dernière à Budapest.
« Ce serait une honte si le bloc éclatait. J’espère que le prochain Premier ministre se rendra compte de l’importance du bloc », a ajouté M. Babiš.
Toutefois, les professionnels de la politique étrangère du V4 soulignent que les alliés les plus proches des pays ne font souvent pas partie du bloc d’Europe centrale.
« Lorsqu’on a demandé aux personnes interrogées de citer trois États membres de l’UE qui sont les alliés les plus proches, les Tchèques ont mentionné l’Allemagne et l’Autriche plus que la Hongrie. Les Hongrois ont nommé la Slovénie plus souvent que la République tchèque et la Slovaquie. Les Polonais ont nommé l’Allemagne plus souvent que la Slovaquie », a commenté Mme Janebová.
L’enquête a été menée entre juin et août 2021, et 489 professionnels des pays du V4 y ont répondu. Les fonctionnaires étaient les plus représentés, soit 39 % des répondants, suivis des chercheurs et analystes (29 %), des politiques (10 %), des journalistes (8 %) et des représentants des entreprises (4 %).
« Selon les résultats, les pays du V4 s’apprécient mutuellement mais pas exclusivement. La qualité des relations mutuelles est généralement jugée bonne ou très bonne. La seule exception concerne les relations tchéco-polonaises, considérées comme neutres par les répondants polonais », a ajouté Mme Janebová, co-auteur de l’étude. La raison de cette situation est probablement le conflit concernant la mine de lignite de Turów.
Les Hongrois sont les plus favorables au groupe de Visegrad. L’étude montre que 63 % des personnes interrogées sont d’accord pour dire que les membres du V4 devraient être les premiers partenaires pour la formation de coalitions lorsqu’ils poursuivent les intérêts de leur pays en matière de politique européenne. En revanche, seuls 35 % des Tchèques (contre 53 % en 2017), 47 % des Polonais (contre 54 % en 2017) et 50 % des Slovaques sont d’accord ou plutôt d’accord (69 % en 2017) avec cette affirmation.
Les Hongrois (61 % des répondants) sont également le seul groupe où la majorité voit le groupe de Visegrad jouer un rôle concerté, influent et constructif au sein de l’UE. Par ailleurs, la moitié des tchèques interrogés (52 %) considèrent le V4 comme un acteur perturbateur dans l’UE.
L’élargissement de l’UE et les relations avec le voisinage oriental de l’Union restent une priorité pour le V4. Selon l’étude, la plupart des parties prenantes dans les quatre pays souhaiteraient que le groupe de Visegrad soit plus impliqué encore sur ces questions.
Pour le parti conservateur au pouvoir en Pologne, l’effondrement du V4 serait désastreux compte tenu de ses relations tendues avec la Russie et de l’escalade du conflit avec l’UE sur l’État de droit.
Le gouvernement polonais nie toute crise au sein du groupe, attribuant ces spéculations aux opposants du V4, qui « aiment souligner nos prétendues erreurs et malentendus ».
Les experts estiment que le changement de cap dans les relations au sein du groupe de Visegrad pourrait être impulsé par le nouveau gouvernement tchèque. L’issue de la dispute sur Turów, ainsi que les positions sur d’autres sujets, dépendront largement de la composition du nouveau cabinet.
Le ministère des Affaires étrangères sera probablement confié au Parti pirate qui, selon Łukasz Ogrodnik de l’Institut polonais des relations internationales, n’est pas favorable à la coopération régionale telle que le Groupe de Visegrad.
(Aneta Zachová | EURACTIV République tchèque, Aleksandra Krzysztoszek | EURACTIV Pologne)
BERLIN
La future coalition allemande sous le feu des critiques alors que le pays se prépare à une quatrième vague de Covid-19. La future coalition composée des sociaux-démocrates du SPD, des Verts et des libéraux du FDP, favorables aux entreprises, est désormais critiquée pour sa hâte à supprimer la base juridique de certaines mesures sanitaires, dans le but de mettre fin aux confinements et au couvre-feu d’ici le 25 novembre, alors que le taux d’incidence de sept jours dans le pays a augmenté de 200 % en un mois.
(Nikolaus J. Kurmayer | EURACTIV Allemagne)
PARIS
Présidentielle 2022 : Éric Zemmour continue de refuser une annonce officielle. Dans une interview accordée à BFM Politique dimanche (7 novembre), le polémiste d’extrême-droite a indiqué que « tout est en place » pour une éventuelle candidature, mais a refusé d’annoncer sa décision. Celle-ci ne semble pourtant plus être qu’une question de temps : « Mon discours, mes diagnostics, mes solutions sont entendues par un nombre croissant de Français », selon le polémiste qui affirme que « je ne vais pas laisser tomber ces gens-là ».
(Magdalena Pistorius | EURACTIV France)
VIENNE
L’Autriche introduit des restrictions sévères pour les non-vaccinés. Seules les personnes vaccinées ou celles qui se sont remises de la COVID-19 seront autorisées à accéder aux bars, aux hôtels et aux événements culturels à partir de lundi, a annoncé vendredi le gouvernement autrichien, déclenchant des réactions dans toute l’Europe.
(Oliver Noyan | EURACTIV Allemagne)
ROYAUME UNI – IRLANDE
DUBLIN
Le Royaume-Uni est prêt à déclencher l’article 16, selon le ministre irlandais des Affaires étrangères. Le gouvernement britannique semble être sur le point de déclencher l’article 16, a déclaré le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney, avertissant que l’UE pourrait mettre en veilleuse son accord de libre-échange avec le Royaume-Uni en réponse. Lire plus.
(Molly Killeen | EURACTIV.com)
SCANDINAVIE ET PAYS BALTES
HELSINKI
Helsinki supprime la viande et le lait de vache de son menu. La viande et le lait de vache ne seront plus servis lors d’événements publics, de séminaires, de réunions ou d’ateliers à Helsinki à partir du début de l’année prochaine. Cette mesure intervient après que la capitale finlandaise s’est déclarée « ville du commerce équitable » en 2013 et a utilisé des critères liés au commerce équitable dans les appels d’offres. Lire plus.
(Pekka Vänttinen | EURACTIV.com)
EUROPE DU SUD
MADRID
Wanted : La police espagnole recherche 12 personnes après un atterrissage d’urgence à Majorque. La police espagnole a arrêté 12 personnes et en recherche 12 autres qui se sont enfuies d’un avion après son atterrissage d’urgence à l’aéroport de Palma, sur l’île baléare de Majorque.
ATHENES
Mohegan annonce sa décision de se retirer du projet de méga-casino en Grèce. Mohegan Gaming a annoncé vendredi sa décision de se retirer de son projet de construction d’un casino en Grèce et de concentrer son attention sur la construction d’un projet similaire en Corée. En septembre, Mohegan a annoncé le transfert de la totalité de sa participation dans le projet à GEK Terna, une société de construction grecque qui était auparavant le propriétaire minoritaire du consortium.
(Matthaios Tsimitakis | EURACTIV Grèce)
GROUPE DE VISEGRAD
VARSOVIE
L’ambassadeur polonais controversé quitte son poste à Berlin. Le professeur Andrzej Przyłębski, également connu comme le mari de la présidente du Tribunal constitutionnel Julia Przyłębska et pour avoir suscité la controverse depuis son entrée en fonction depuis l’été 2016, quitte son poste d’ambassadeur de la République de Pologne à Berlin.
(Mateusz Kucharczyk | EURACTIV Pologne)
BUDAPEST
Des lycéens forcés de regarder un film pro-gouvernemental pendant les cours. La projection jeudi dans la ville de Karcag, dans l’est du pays, de We f*cked up (Elk*rtuk), qui dépeint le discours de l’ex-PM Ferenc Gyurcsány qui a fait l’objet d’une fuite en 2006 et qui a provoqué une crise politique à l’échelle nationale, a été suivie par des élèves de plusieurs écoles secondaires locales et régionales, dont certaines ont rendu le film obligatoire, rapporte Telex. Certains élèves qui n’ont pas assisté à la projection du film, largement considéré comme une propagande pro-gouvernementale par ses détracteurs, ont été considérés comme absents non-justifiés.
(Vlagyiszlav Makszimov | EURACTIV.com with Telex)
BRATISLAVA | BUDAPEST
Le chef du parti hongrois en Slovaquie interdit d’entrée en Ukraine. Krisztián Forró, leader du parti Alliance, qui représente la minorité hongroise en Slovaquie, a été empêché d’entrer en Ukraine la semaine dernière. Lire plus.
(Michal Hudec | EURACTIV Slovaquie)
NOUVELLES DES BALKANS
SOFIA
Un candidat à la députation bulgare pris dans un système de faux passes sanitaires. Un candidat au poste de député bulgare de la formation nationaliste NFSB a été impliqué dans un système de délivrance de certificats de vaccination à des personnes non vaccinées, selon une enquête menée par Nova TV.
(Krassen Nikolov | EURACTIV Bulgarie)
BUCAREST
Réouverture des écoles en Roumanie, certaines avec des cours en présentiel. Les écoles roumaines rouvriront lundi après que les élèves aient pris deux semaines de vacances forcées en raison de la pandémie. Toutefois, les cours en présentiel ne commenceront que pour les élèves fréquentant des écoles où au moins 60 % des enseignants sont vaccinés.
(Bogdan Neagu | EURACTIV Roumanie)
ZAGREB
APM Terminals, une société européenne, a signé un accord de concession pour le terminal de Zagreb Deep Sea. Un accord a été signé concernant une concession pour le développement et l’utilisation commerciale du terminal à conteneurs de Zagreb Deep Sea, situé dans le port de Rijeka, au nord de l’Adriatique. Le coût de la concession est estimé à 20 milliards de kuna (2,7 milliards d’euros) et les frais de concession sont fixés à 2 millions d’euros par an pour une période de 50 ans.
(Željko Trkanjec | EURACTIV Croatie)
LJUBLJANA
Dans le but d’apaiser les tensions politiques, le président slovène propose une date d’élection la plus proche possible. Le président slovène Borut Pahor a annoncé son intention de convoquer les élections générales pour le 24 avril 2022, la date la plus proche possible, apparemment dans le but d’apaiser certaines des pires tensions politiques que la Slovénie ait jamais connues.
(Sebastijan R. Maček | sta.si)
SARAJEVO | BUDAPEST
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán considère les Serbes comme des acteurs clés pour la paix dans les Balkans. La Hongrie a un intérêt direct dans la paix, la stabilité et la sécurité des Balkans, et les Serbes vivant dans la Republika Srpska de Bosnie-Herzégovine jouent un rôle clé dans ce processus. Ce sont les mots du Premier ministre hongrois Viktor Orbán après sa rencontre avec Milorad Dodik, membre serbe de la présidence tripartite de la Bosnie-Herzégovine. M. Orbán n’a pas rencontré les deux autres membres de la présidence tripartite du pays.
(Željko Trkanjec | EURACTIV Croatie)
TIRANA
L’Albanie devrait avoir des émissions carbones nulles d’ici 2050. L’Albanie s’est engagée à réduire ses émissions de CO2 de 20,9 % dans le but d’atteindre l’objectif de zéro émission d’ici 2050, selon la nouvelle ministre de l’environnement Mirela Kumbaro. À la suite des discussions qui ont eu lieu lors de la conférence des Nations unies sur le climat (COP26), Mme Kumbaro a déclaré que le gouvernement avait décidé de réduire les émissions de CO2 en s’alignant sur les pays de l’UE.
(Alice Taylor | Exit.al)
AGENDA:
- Pologne : La Cour européenne des droits de l’Homme annoncera son verdict concernant la Chambre de contrôle extraordinaire de la Cour suprême et le Conseil national de la magistrature (KRS). Cet arrêt sera d’une importance fondamentale dans le débat sur la légalité de la nomination de tous les juges recommandés par le « nouveau KRS ».
- Croatie : Le Conseil économique et social se réunit pour discuter du système de santé face à la pandémie de coronavirus, de la réforme du système et des perspectives du marché du travail.
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[Edité par Sarantis Michalopoulos, Alexandra Brzozowski, Daniel Eck, Benjamin Fox, Zoran Radosavljevic, Alice Taylor]