Le Mexique préoccupé par l’accord commercial UE-États-Unis
Le Mexique, qui se considère comme un partenaire privilégié des États-Unis, se préoccupe des conséquences éventuelles du partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (PTCI), a expliqué l’eurodéputé espagnol Ricardo Cortés Lastra lors d’un entretien avec EURACTIV.
Le Mexique, qui se considère comme un partenaire privilégié des États-Unis, se préoccupe des conséquences éventuelles du partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (PTCI), a expliqué l’eurodéputé espagnol Ricardo Cortés Lastra lors d’un entretien avec EURACTIV.
Ricardo Cortés Lastra est l’auteur d’un rapport sur lequel se fonde la résolution du Parlement européen « sur la définition d'une nouvelle coopération au développement avec l'Amérique latine » adoptée en juin 2012. Il partage son impression sur son déplacement récent au Mexique, où il a participé à des négociations avec ses homologues.
Selon l’eurodéputé social-démocrate, ses collègues mexicains craignent que l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis ne permette à l’UE de devenir plus importante que les États-Unis, au détriment du Mexique.
« Logiquement, le Mexique, qui compte les États-Unis comme plus grand partenaire commercial et un petit marché diversifié, observe avec inquiétude le genre de conséquences que ces accords pourraient avoir », a-t-il déclaré.
Les idées exprimées par M. Cortés Lastra reflètent l’état d’esprit constaté dans d’autres pays en développement, particulièrement en Afrique. L’UE et les États-Unis accordent des préférences commerciales à certains pays d’Afrique, mais leurs régimes de prestations varient. L’harmonisation de la politique prévue soulève la question des conséquences négatives pour certains des pays.
L’eurodéputé a également indiqué que l’UE devait mettre en place un nouvel accord bilatéral, car l’actuel, intitulé « Accord de partenariat économique, de coordination politique et de coopération », date de 1997.
La Commission est critiquée
L’eurodéputé espagnol a critiqué la Commission pour avoir diminué l’ampleur de ses activités de développement en Amérique latine.
Il a indiqué que le Parlement européen voulait envoyer un signal selon lequel l’Amérique latine reste, et restera, importante pour l’Europe, mais que la Commission « envoyait le message contraire ».
Même si certains pays d’Amérique latine ont progressé d’un point de vue économique, des « foyers énormes de pauvreté » subsistent et l’UE « ne devrait pas se permettre » de mettre fin à son aide, a-t-il précisé.
M. Cortés Lastra a déclaré que la Colombie, l’Équateur et le Pérou devaient toujours faire partie des instruments de développement de l'UE. En Colombie, la Commission développe le projet « Peace Laboratories », indispensable au maintien de la stabilité, selon l’eurodéputé.
« Nous ne pouvons mettre fin de manière abrupte à la coopération avec ces pays, nous devrions leur donner le temps de croître », a-t-il déclaré.
L’eurodéputé espagnol a préconisé une « lente réduction progressive » dans des pays d’Amérique latine plus développés. « Si nous ne le faisons pas, nous ferions une erreur avec un continent qui se tourne vers l’Europe, mais également vers les États-Unis et d’autres parties du monde. »
Les dirigeants de gauche ne constituent « pas un problème »
Lorsqu’on lui a demandé si les dirigeants de gauche, tels que le président bolivien, Evo Morales, qui a récemment renvoyé l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), entravaient les efforts d'aide de l'Occident, M. Cortés Lastra a répondu que les choix démocratiques des citoyens devraient être respectés. Il a ajouté que les responsables politiques de gauche au pouvoir en Amérique latine, loin de créer des problèmes, faisaient des efforts remarquables dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités.