Le ministre polonais envisage l'extradition d'un vétéran nazi ukrainien honoré par le Parlement canadien

Le ministre polonais de l’Éducation et des Sciences, Przemysław Czarnek, souhaite que l’institution nationale de commémoration du pays examine s’il existe des raisons d’extrader vers la Pologne un nazi ukrainien qui a été ovationné de manière controversée lors de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky au parlement canadien vendredi dernier (22 septembre).

EURACTIV Pologne
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« Compte tenu des événements scandaleux survenus au parlement canadien et de l’hommage rendu à un membre de la formation nazie criminelle SS Galizien en présence du président Zelensky, j’ai pris des mesures en vue d’une éventuelle extradition de cet homme vers la Pologne », a écrit M. Czarnek sur X [EPA-EFE/Piotr Nowak POLAND OUT]

Le ministre polonais de l’Éducation et des Sciences, Przemysław Czarnek, souhaite que l’institution nationale de commémoration du pays examine s’il existe des raisons d’extrader vers la Pologne un nazi ukrainien qui a été ovationné de manière controversée lors de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky au parlement canadien vendredi dernier (22 septembre). Le président du Parlement canadien a démissionné jeudi.

Yaroslav Hunka, 98 ans, un Ukrainien qui a servi dans une unité nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, a été ovationné au parlement canadien après que le président de la Chambre des communes du Canada, Anthony Rota, l’a qualifié de « héros ukrainien, héros canadien » et l’a remercié « pour tous les services rendus ».

« Compte tenu des événements scandaleux survenus au parlement canadien et de l’hommage rendu à un membre de la formation nazie criminelle SS Galizien en présence du président Zelensky, j’ai pris des mesures en vue d’une éventuelle extradition de cet homme vers la Pologne », a écrit M. Czarnek sur X. Il a joint une lettre à sa demande d’extradition.

Il a joint une lettre demandant au directeur de l’Institut polonais de la mémoire nationale (IPN), Karol Nawrocki, de « rechercher d’urgence dans les documents si Yaroslav Hunka est recherché pour des crimes contre la nation polonaise et les Polonais d’origine juive », ajoutant que les prémisses de tels crimes justifient une demande d’extradition au Canada.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, M. Hunka a servi dans la 14e division de grenadiers de la Waffen-SS, également connue sous le nom de division de Galicie, une unité de volontaires composée principalement d’Ukrainiens de souche et placée sous le commandement des nazis.

Lundi (25 septembre), M. Rota s’est excusé d’avoir invité M. Hunka à la session parlementaire spéciale de vendredi (22 septembre), présentant notamment ses « plus sincères excuses » aux communautés juives du Canada et du monde entier et déclarant « accepter l’entière responsabilité » de ses actes, a rapporté la BBC.

En réponse à la déclaration de M. Rota, le groupe juif canadien CIJA (The Centre for Israel and Jewish Affairs) a déclaré qu’il appréciait les excuses et a souligné qu’un contrôle approprié était essentiel pour garantir que de tels incidents inacceptables ne se reproduisent pas.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a qualifié l’incident d’« extrêmement troublant », mais il a insisté sur le fait que l’orateur avait reconnu son erreur et qu’il s’en était excusé.

« Mais c’est quelque chose de profondément embarrassant pour le Parlement du Canada et, par extension, pour tous les Canadiens », a-t-il ajouté.

Ce jeudi, le président du parlement canadien a démissionné, évoquant ses « profonds regrets ».