Le nombre de journalistes tués en 2023 est le plus bas depuis 20 ans

Le nombre de journalistes ayant perdu la vie dans l’exercice de leur fonction est tombé cette année à son niveau le plus bas depuis 20 ans, une baisse largement attribuée aux progrès réalisés pour améliorer la sécurité des professionnels de l'information.

Euractiv.com
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Selon le rapport annuel de Reporters sans frontières (RSF), 45 reporters ont été tués en 2023, ce qui représente le niveau le plus bas depuis 2002. En comparaison, 61 journalistes ont été tués dans le cadre de leur fonction en 2022. [Shutterstock/Akintevs]

Le nombre de journalistes ayant perdu la vie dans l’exercice de leur fonction est tombé cette année à son niveau le plus bas depuis 20 ans, une baisse largement attribuée aux progrès réalisés pour améliorer la sécurité des professionnels de l’information.

Selon le rapport annuel de Reporters sans frontières (RSF), 45 journalistes ont été tués en 2023, ce qui représente le niveau le plus bas depuis 2002. En comparaison, 61 journalistes avaient perdu la vie dans le cadre de leur fonction en 2022.

Selon l’ONG, 23 journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions en zone de conflits, dont 17 au cours de la guerre entre Israël et le Hamas palestinien. Parmi eux, au moins 13 sont décédés à Gaza.

Si l’on inclut tous les journalistes tués depuis le début de la guerre le 7 octobre dernier, que ce soit dans l’exercice de leur métier ou non, 63 journalistes ont perdu la vie au total (56 à Gaza).

Les progrès réalisés en matière de sécurité des journalistes expliquent en partie la baisse du nombre de journalistes tués, indique RSF dans son rapport.

« En zone de paix, les journalistes sont aussi mieux protégés, via la mise en place de cadres réglementaires pour garantir leur sécurité, et via le renforcement des mécanismes de lutte contre l’impunité. Toutefois, dans certaines régions, c’est au contraire l’autocensure face à une recrudescence des risques qui peut également justifier une exposition moindre aux risques physiques», précise le rapport.

Par ailleurs, le nombre de reporters actuellement détenus pour des motifs arbitraires liés à leur travail est tombé à 521 dans le monde, selon RSF, contre 571 l’année dernière.

Le régime autoritaire d’Alexandre Loukachenko en Biélorussie est le premier en Europe pour ce qui est de la détention de journalistes. La Biélorussie détient actuellement 39 d’entre eux, soit sept de plus qu’en 2022, et se place en deuxième position derrière la Chine pour ce qui est de la détention de femmes journalistes.

RSF attribue la baisse du nombre de journalistes détenus dans le monde au fait que l’Iran et la Turquie détiennent respectivement 24 et 23 journalistes de moins au moment de la publication.

Protection de la presse au sein de l’UE

Malgré l’engagement professé de l’UE en faveur de la liberté des médias et des journalistes, un groupe de sept États membres fait pression pour que les gouvernements aient le droit d’utiliser des logiciels espions contre les journalistes dans le cadre de la législation européenne sur la liberté des médias, selon une enquête publiée mardi (12 décembre) par Investigate Europe, Disclose et Follow the Money.

Le projet de loi, qui a été présenté par la Commission européenne l’année dernière, a pour but d’offrir « des garanties communes pour protéger la liberté des médias et le pluralisme dans l’UE », a déclaré Věra Jourová, vice-présidente de la Commission chargée des valeurs et de la transparence.

« Nous devons établir des principes clairs : aucun journaliste ne doit être espionné en raison de son travail ; aucun média public ne doit être transformé en organe de propagande », a ajouté la commissaire européenne.

Cependant, le compte-rendu d’une réunion des ministres de l’UE du 22 novembre a révélé que l’Italie, la France, la Finlande, la Grèce, Chypre, la Suède et Malte insistent sur l’inclusion dans le texte d’un passage prévoyant une exception à l’interdiction d’espionner les journalistes si cela était nécessaire pour des raisons de sécurité nationale.

Le passage en question est formulé comme suit : « Le présent article est sans préjudice de la responsabilité des États membres en matière de protection de la sécurité nationale ».

La Fédération européenne des journalistes (FEJ) a appelé le Parlement européen et la Commission européenne à « rejeter cette demande illibérale et répressive ».

Les institutions de l’UE se réuniront à nouveau en trilogue pour aplanir les divergences sur la législation ce vendredi (15 décembre).

[Édité par Anne-Sophie Gayet]