Le « non » irlandais, vecteur d’isolement économique, selon le ministre [FR]

Un second rejet irlandais du traité de Lisbonne anéantirait la confiance internationale dans la capacité de l’Irlande à régler ses problèmes économiques, et augmenterait les coûts d’emprunt du pays, a mis en garde le ministre des Finances du pays, vendredi.

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Un second rejet irlandais du traité de Lisbonne anéantirait la confiance internationale dans la capacité de l’Irlande à régler ses problèmes économiques, et augmenterait les coûts d’emprunt du pays, a mis en garde le ministre des Finances du pays, vendredi.

Les électeurs irlandais représentent moins de 1 % de la population de l’UE, qui atteint presque le demi milliard d’habitants. Ce sont pourtant eux qui décideront du destin des ambitions mondiales de l’Union le 2 octobre au moment de leur vote, une seconde fois, sur un document destiné à donner à l’UE une voix plus forte sur la scène internationale.

Un vote « non » enverrait au reste du monde le signal d’une Irlande retranchée sur son isolement économique, a déclaré Brian Lenihan lors d’une conférence de presse à Dublin.

Les conséquences d’un tel vote serait d’une part la rareté des fonds pour nos banques et d’autre part l’augmentation des coûts d’emprunt, avec pour conséquence moins d’argent pour les services étatiques vitaux, a-t-il expliqué.

Les sondages d’opinion suggèrent que les électeurs irlandais approuveront le traité de Lisbonne, qui doit faciliter la prise de décision à 27 Etats membres, mais ils montrent également que le soutien à la Charte a dégringolé alors que la colère gronde sur la manière dont Dublin a géré la sévère récession du pays.

Le gouvernement espère se servir de l’état déplorable de l’économie irlandaise pour faire avancer le camp du « oui », arguant que l’Irlande doit être au cœur de l’Europe en période de crise économique.

Après qu’une opposition gonflée à bloc ait remporté la donne la dernière fois à coup de sujets émotionnels tels que l’avortement, la neutralité ou la fiscalité, ce sont les concessions que Dublin a obtenu de Bruxelles, y compris le fait de garder un commissaire irlandais, qui ont changé le cours du débat.

L’an dernier, nous avions une série d’affiches: elles ne sont plus là cette année, a-t-il dit. Nous avons aujourd’hui des affiches différentes, qui centrent le débat sur les avantages économique et sociaux d’une participation européenne pleine et entière, a-t-il dit.

M. Lenihan a ajouté que sans le soutien de la Banque centrale européenne, le système financier irlandais se serait écroulé à la suite de la faillite de Lehman Brothers.

Si quelqu’un a des doutes sur cela, tout ce qu’il y a à faire est de jeter un coup d’œil à l’Islande, qui désire maintenant avec force devenir un membre de l’Union européenne, a-t-il dit.

Mais l’argument économique pourrait aussi travailler contre le gouvernement parce qu’il concentre l’attention des électeurs sur son échecs à empêcher le passage de l’économie irlandais du statut de « tigre celtique » à celui de maillon faible de la zone euro.

Un second vote « non » plongerait l’UE dans la crise et pourrait déclencher la chute du gouvernement irlandais, mettant en question la capacité du pays à faire face aux crises jumelles, bancaire et financière.

EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.