Le Parlement s'adoucit sur la question ukrainienne

L'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine devrait être conclu sans délais, et de préférence avant la fin de cette année, a déclaré le Parlement européen dans une résolution inhabituellement mesurée, votée hier (1er décembre). Les gouvernements de l'UE devraient par conséquent donner leur feu vert pour cet accord lors du sommet des 8 et 9 décembre, peut-on encore lire dans la résolution.

EURACTIV.com
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L'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine devrait être conclu sans délais, et de préférence avant la fin de cette année, a déclaré le Parlement européen dans une résolution inhabituellement mesurée, votée hier (1er décembre). Les gouvernements de l'UE devraient par conséquent donner leur feu vert pour cet accord lors du sommet des 8 et 9 décembre, peut-on encore lire dans la résolution.

Même s'ils exhortent l'Ukraine à revoir sa position sur la condamnation de l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko, les eurodéputés pensent aussi que cet accord d'association pourrait servir de levier pour apporter les changements nécessaires dans le pays.

La résolution de neuf pages du Parlement, basée sur une ébauche de l'eurodéputé polonais Ryszard Antoni Legutko (Conservateurs et Réformistes européens), souligne que le renforcement des relations entre l'UE et l'Ukraine est dans l'intérêt des deux parties.

Le Parlement s'élève toutefois contre l'application sélective de la justice et demande à Kiev de respecter les droits de l'Homme et l'Etat de droit. Mme Timochenko et d'autres leaders de l'opposition devraient pouvoir participer à la vie politique, peut-on encore lire dans cette résolution.

Dans le cas où l'Ukraine enfreindrait des principes fondamentaux, les eurodéputés affirment qu'il devrait être possible de rompre l'accord temporairement. Ils demandent également à Kiev de rendre publiques les archives des services secrets communistes.

Les eurodéputés ont en outre recommandé au Conseil européen et à la Commission de replanifier la réunion avec le président Ianoukovitch qui a récemment été annulée, et ce avant le sommet UE-Ukraine du 19 décembre.

Dans cette résolution, il est rappelé que l'Ukraine est un Etat européen et que, selon l'article 49 du traité de Lisbonne, ce pays peut demander à adhérer à l'UE à condition qu'il respecte les principes de la démocratie, les droits de l'Homme et les libertés fondamentales, les minorités nationales et l'Etat de droit.

« Importance stratégique »

L'Ukraine est un pays qui revêt une importance stratégique pour l'UE, dans la mesure où sa taille, ses ressources, sa population et sa situation géographique lui confèrent une place à part en Europe, ce qui en fait un acteur régional clé avec une influence considérable sur la sécurité, la stabilité et la prospérité de tout le continent, ont martelé les eurodéputés.

Il convient de féliciter l'Ukraine pour la bonne marche de son économie, notamment la réduction de son déficit budgétaire, la modération de ses dépenses et la réforme de son système de retraites, ce qui a contribué à améliorer sa notation de crédit par l'étranger et à attirer davantage d'investissements étrangers directs, peut-on lire dans le document du Parlement.

Les eurodéputés ont également souligné que la Russie exerçait des pressions excessives sur le pays pour qu'il ne conclue pas un accord de libre-échange approfondi et complet, mais qu'il rejoigne plutôt l'union douanière entre la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan. Il s'agit d'un cas sans précédent dans l'histoire des relations de l'Union européenne avec ses partenaires extérieurs, ont-ils ajouté.

Concernant les modifications controversées de la constitution ukrainienne et de son code électoral, le Parlement a affirmé être prêt à aider les autorités du pays conformément aux propositions formulées par la Commission de Venise et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), en y associant les partis d'opposition et la société civile.

Le Conseil de l'Europe a récemment critiqué Kiev pour avoir ignoré ses recommandations et poursuivi son propre programme. C'est la modification du système électoral qui fait l'objet des critiques les plus acerbes, dans la mesure où le Conseil de l'Europe estime que le nouveau système vise à favoriser la majorité au pouvoir.

Sur la question de la sécurité énergétique, les eurodéputés souhaitent l'introduction de mécanismes bilatéraux d'alerte précoce.

Sans rentrer dans les détails, ils ont promis de développer des instruments spécifiques pour soutenir la société civile ukrainienne, eu égard à leur rôle essentiel dans le processus de démocratisation, notamment en les aidant à organiser des actions de sensibilisation et à renforcer la participation sociale et politique.