Le parti eurosceptique allemand rejoint les conservateurs britanniques
Le parti allemand et eurosceptique Alternative für Deutschland, ou AfD, va renforcer les Conservateurs et réformistes européens de 7 eurodéputés. Le parti devient ainsi, pour l'instant, la troisième force politique au sein du Parlement européen.
Le parti allemand et eurosceptique Alternative für Deutschland, ou AfD, va renforcer les Conservateurs et réformistes européens de 7 eurodéputés. Le parti devient ainsi, pour l’instant, la troisième force politique au sein du Parlement européen.
Le rapprochement de l’AfD des Conservateurs et réformistes européens, un groupe principalement constitué des eurodéputés de droite traditionnelle britannique, a été entériné.
« C’est avant tout un succès pour nos électeurs, qui auront une voix forte au sein de l’Europe [. . . ] », a déclaré le leader du Parti eurosceptique, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), Bernd Lucke.
« Avec la CRE, nous avons trouvé des collègues qui partagent les mêmes valeurs et objectifs que nous », s’est félicité pour sa part Hans-Olaf Henkel, candidat de tête de liste pour l’AfD lors des dernières européennes.
L’AfD a été fondé il y a 16 mois seulement et a su s’entourer de nombreux universitaires et hommes d’affaires depuis sa création. Il est pour la sortie de l’euro et pour revenir au Deutsche Mark et réclame « moins d’Europe » en Allemagne.
Le jeune parti a enlevé au total sept sièges lors des européennes du 25 mai dernier. Ce nouvel apport d’eurodéputés porte le nombre de sièges de la CRE à un total de 62, ce qui place le groupe devant les libéraux. Les conservateurs eurosceptiques deviennent dès lors la troisième force politique au sein du Parlement européen.
La semaine dernière, la CRE avait gagné 10 sièges avec l’arrivée de Parti populaire danois, parti également eurosceptique, du parti de droite radicale et populiste les Vrais Finlandais, ainsi que d’autres petits partis. Le groupe des conservateurs eurosceptiques pourrait faire office de « faiseur de rois », lors des votes de la prochaine législature.
Des relations germano-britanniques encore plus difficiles
Le groupe de la CRE est dominé par le parti conservateur britannique de David Cameron, qui représente à lui tout seul le quart du nombre de sièges du groupe au sein du Parlement européen.
La décision d’intégrer un nouveau parti membre au sein de la famille est prise à la majorité simple. Ce vote s’est tenu le 12 juin. Hans-Olaf Henkel a applaudi la nouvelle en soulignant que ce vote a été fait malgré « les pressions massives des quartiers généraux londoniens ».
Or, accepter les Allemands eurosceptiques au sein du groupe n’aura pas pour vertu d‘adoucir les relations entre le Royaume-Uni et l’Allemagne. En effet, le premier ministre britannique et la chancelière allemande sont en désaccord sur le nom du prochain président de la Commission.
Le think tank londonien Open Europe, a ainsi écrit dernièrement que « tout dépendait d’Angela Merkel. Elle souhaite ne rien avoir à faire avec l’AfD ». Angela Merkel était déjà fortement mécontente lorsque les conservateurs britanniques avaient quitté le Parti populaire européen pour fonder la CRE en 2009. L’actuelle convergence des Britanniques avec le parti concurrent de la chancelière ne fera que jeter de l’huile sur le feu entre les deux dirigeants.
Une analyse précédente faite par EURACTIV indiquait qu’un partenaire de choix d’une coalition pour l’AfD serait la CRE. « Ils partagent de nombreux points avec nous, car ils sont également contre un État européen centralisé. Ils sont libéraux et défendent aussi des valeurs », avait en effet indiqué récemment Hans-Olaf Henkel.