Une explosion dans une usine de munitions en Italie suscite un débat sur un éventuel sabotage
L'usine produit des munitions, dont une partie est fournie à l'Ukraine
Les enquêteurs affirment ne disposer d’aucun élément indiquant que l’explosion survenue la semaine dernière dans une usine de munitions italienne ait été autre chose qu’un accident. Toutefois, les responsables politiques de l’opposition réclament une enquête sur un éventuel sabotage russe, tandis que les syndicats ont réitéré leurs inquiétudes concernant la sécurité des travailleurs.
L’explosion survenue le 13 août dans l’usine de KNDS Ammo Italy à Colleferro, dans la commune de Velletri près de Rome, a soulevé des questions politiques quant à une éventuelle implication de la Russie, compte tenu du fait que l’entreprise produit des munitions de moyen et gros calibre, dont certaines sont fournies par les alliés occidentaux à l’Ukraine.
Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a rejeté les allégations d’implication russe, affirmant qu’aucun élément n’indique que l’incident ait été autre chose qu’un problème interne.
Mais le député de l’opposition Carlo Calenda a demandé au gouvernement de préciser si l’Italie est confrontée à un risque concret d’attaques hybrides russes. Il a souligné la large couverture médiatique de l’explosion dans les médias russes et a réclamé une évaluation des services de renseignement, un examen parlementaire ou une déclaration claire de la Première ministre Giorgia Meloni.
Le parquet de Velletri, quant à lui, affirme que l’enquête reste ouverte à toutes les hypothèses. Le procureur Carlo Villani a déclaré mardi que, bien qu’aucune hypothèse ne puisse encore être exclue, les enquêteurs ne disposent d’aucun élément indiquant des causes autres qu’un accident.
Le site abrite KNDS Ammo Italy, un fournisseur de munitions de moyen et gros calibre pour plus de 40 pays, qui produit des composants allant des propergols, explosifs et fusées aux ogives et pièces métalliques.
L’entreprise est spécialisée dans les munitions destinées aux forces terrestres, navales et aériennes, notamment les munitions programmables et à fusée de proximité pour la défense aérienne et les canons navals.
Selon les médias italiens, l’explosion s’est produite dans le département de compression de la poudre de l’usine à la suite d’un incendie. Des images spectaculaires ont montré une colonne de fumée blanche suivie d’une importante boule de feu orange et de débris enflammés tombant autour du site. Aucun blessé n’a été signalé.
KNDS a confirmé l’incident et a indiqué que ses équipes enquêtent sur les circonstances en collaboration avec les autorités locales.
Cette explosion a également suscité des inquiétudes quant à la sécurité dans le secteur industriel de la défense italien, en pleine expansion. Les syndicats CGIL et Filctem CGIL ont demandé que toute la lumière soit faite sur les causes de l’incident et ont exhorté les autorités à donner la priorité à la sécurité des travailleurs, des riverains et des secouristes.
Le site reste partiellement fermé pendant que les enquêteurs médico-légaux des Carabinieri mènent à bien leur expertise technique.
(vc)