Le Parti travailliste s’engage à réintégrer le Royaume-Uni dans le régime d’asile de l’UE
Si le Parti travailliste d’opposition remporte les prochaines élections britanniques, il réintégrera le Royaume-Uni dans le règlement de Dublin de l’Union européenne, qui régit la manière dont les pays statuent sur les demandes d’asile.
Si le Parti travailliste d’opposition remporte les prochaines élections britanniques, il réintégrera le Royaume-Uni dans le règlement de Dublin de l’Union européenne, qui régit la manière dont les pays statuent sur les demandes d’asile. Cette volonté fait partie d’une série de mesures visant à rapprocher le Royaume-Uni de l’UE, sans pour autant chercher sa réintégration dans l’Union.
Le règlement de Dublin établit une coopération entre les États membres en matière de migration et permet généralement aux migrants en situation irrégulière d’être renvoyés dans le pays de première arrivée.
Depuis sa sortie de l’Union, le Royaume-Uni s’est efforcé de maîtriser l’immigration irrégulière dans la Manche. Le gouvernement conservateur a présenté un projet de loi controversé visant à expulser tous les migrants arrivant par bateau.
Après avoir fait campagne lors des élections de décembre 2019 en promettant d’organiser un second référendum sur l’appartenance à l’UE, les travaillistes et les libéraux-démocrates ont depuis déclaré qu’ils ne feraient pas campagne pour réintégrer l’UE ou son marché unique.
Toutefois, le Parti travailliste, qui détient actuellement une avance considérable sur le Parti conservateur au pouvoir dans les sondages, a commencé à définir sa stratégie politique pour reconstruire les relations entre l’UE et le Royaume-Uni.
Par ailleurs, le parti d’opposition a indiqué qu’il souhaitait conclure de nouveaux accords pour faciliter les échanges de denrées alimentaires, de médicaments et d’animaux entre l’UE et le Royaume-Uni ainsi qu’un pacte entre les deux parties en matière de défense, de sécurité et de politique étrangère.
Mercredi dernier (17 mai), après les mises en garde des constructeurs automobiles Ford, Jaguar Land Rover et Stellantis, propriétaire de Vauxhall, Peugeot et Citroën, selon lesquelles l’industrie britannique éprouverait des difficultés à passer à la fabrication de voitures électriques sans une amélioration des échanges avec l’UE, le chef du Parti travailliste, Keir Starmer, a déclaré que son parti voulait « des relations commerciales plus étroites ».
« Nous voulons nous assurer que Vauxhall et beaucoup d’autres ne se contentent pas de survivre dans ce pays, mais qu’ils y prospèrent », a-t-il précisé.
En début de semaine, le Parti travailliste a également indiqué que, s’il était élu, il accorderait le droit de vote complet aux quelque 3,5 millions de ressortissants de l’UE qui se sont vu accorder un « statut de résident permanent » dans le cadre du dispositif d’obtention du statut de résident permanent post-Brexit.
Les prochaines élections britanniques auront probablement lieu à l’automne 2024, un an avant la date butoir prévue pour la révision de l’Accord de commerce et de coopération entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, conclu fin 2020.
Jusqu’à présent, le gouvernement du Premier ministre Rishi Sunak n’a donné aucune indication sur la manière dont il pourrait utiliser le processus de révision pour modifier l’accord.
Toutefois, au cours des sept mois qui se sont écoulés depuis qu’il est devenu Premier ministre, M. Sunak a négocié un accord avec l’UE pour mettre fin à un différend de deux ans sur les règles commerciales applicables à l’Irlande du Nord et s’est rapproché d’accords avec l’UE sur les services financiers et l’accès au programme de recherche « Horizon Europe ».
Le mois dernier, la commission pour l’Union européenne de la Chambre des Lords a formulé 72 recommandations « mineures » visant à améliorer les relations entre l’UE et le Royaume-Uni.
Parmi celles-ci figurent la réforme des règles en matière d’exigences relatives aux visas ainsi que l’organisation de sommets réguliers entre l’UE et le Royaume-Uni, auxquels participeraient des ministres et des représentants gouvernementaux — une proposition également soutenue par le Parti travailliste — dans le but d’améliorer le dialogue entre les deux parties.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]