Le Premier ministre belge propose de renforcer le Parlement européen pour améliorer la démocratie
Lors de la cérémonie du 70e anniversaire du Parlement européen mardi (22 novembre), le Premier ministre belge Alexander De Croo a notamment appelé à un renforcement de l’institution pour améliorer la démocratie.
Lors de la cérémonie du 70e anniversaire du Parlement européen mardi (22 novembre), le Premier ministre belge Alexander De Croo a notamment appelé à un renforcement de l’institution pour améliorer la démocratie.
Le Parlement européen a célébré son 70e anniversaire mardi (22 novembre) à Strasbourg. À cette occasion, les Premiers ministres belge, Alexander De Croo, luxembourgeois, Xavier Bettel, et français, Elisabeth Borne, dont les pays accueillent les capitales des institutions de l’UE ainsi que les bureaux et administrations du Parlement, se sont exprimés.
« En 1952, ici à Strasbourg, Paul-Henri Spaak [ancien Premier ministre belge] a présidé l’ouverture de la toute première session de l’Assemblée commune de la Communauté européenne du charbon et de l’acier. Ce fut le point de départ de l’activité plénière de cette institution », a rappelé la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola en ouverture de cérémonie.
Un symbole de réconciliation
Depuis 1952, le Parlement a été le témoin de la transition d’une communauté de six pays à une véritable Union de 27 États membres. Il symbolise également, selon sa présidente, la réconciliation en Europe après les deux guerres mondiales qui ont ravagé le continent.
Mme Metsola et les Premiers ministres présents ont souligné le rôle historique et symbolique de l’institution.
« En 45, nous avons mis fin à la guerre, sept ans plus tard, nous avons décidé de construire quelque chose ensemble », a déclaré le Luxembourgeois Xavier Bettel.
Pour Alexander De Croo, chef du gouvernement belge, le Parlement représente « la catharsis d’une longue histoire de violence entre les nations européennes » et aussi « la victoire de l’humanité sur le nationalisme ».
Un rôle accru des citoyens
Les compétences du Parlement ont considérablement changé depuis ses débuts, a également rappelé la présidente du Parlement.
Aujourd’hui, cette assemblée est « un puissant forum indépendant doté de pouvoirs co-législatifs et budgétaires qui a un impact sur des millions de citoyens et protège leurs intérêts », a-t-elle indiqué.
C’est « le seul parlement transnational, multilingue, multipartite et directement élu au monde », les 705 eurodéputés qui le composent étant « l’expression de l’opinion publique européenne », a souligné la présidente.
Dans son discours, M. De Croo a pour sa part salué le rôle croissant des citoyens et des institutions qui les représentent directement comme le Parlement, qu’il a qualifié d’« évolution saine ».
« Aujourd’hui, le projet politique de l’Europe est principalement porté par des citoyens visionnaires. Par les citoyens européens », a-t-il indiqué.
Le Premier ministre de Belgique a mentionné la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE), l’exercice de démocratie participative de l’UE, qui « a fourni une excellente base de discussion sur les changements dont nous avons besoin ».
« Il nous appartient maintenant de passer des débats à l’action et d’avoir un impact positif sur la vie de nos citoyens », a-t-il continué.
Parmi les recommandations des citoyens figure notamment le renforcement des pouvoirs du Parlement, avec notamment l’octroi du droit d’initiative législative. Un avis partagé par le Premier ministre belge, qui a déclaré lors de son discours que « si nous voulons vraiment renforcer notre démocratie, nous devons également renforcer le Parlement européen ».
Pour faire face aux grands défis actuels, qu’il s’agisse de la guerre en Ukraine, des flux migratoires ou des prix de l’énergie, qui « se jouent au niveau international », nous devons « renforcer notre démocratie à […] notre niveau européen », estime M. De Croo.
Néanmoins, il a appelé à déjà être « fiers en tant qu’Européens du chemin que nous avons parcouru ensemble » et a salué le « travail fondamental » accompli par le Parlement pour protéger la démocratie et l’État de droit en Europe. Il a qualifié l’institution de « chien de garde vigilant » et espère qu’elle conservera ce rôle.
Pour lui, la « montée des tendances autocratiques, dont la guerre illégale de [Vladimir] Poutine en Ukraine est l’expression la plus douloureuse, » est porteuse d’espoir car un niveau d’unité inédit a été observé en Europe en réaction.
Dans un tweet publié après une réunion avec le Premier ministre belge dans la matinée, la Première ministre française Elisabeth Borne a également évoqué la notion d’unité. « Nous faisons face à des défis partagés. Nous y répondons, ensemble, en Européens », a-t-elle déclaré, ajoutant que la France et la Belgique présentaient de « profondes convergences de vue pour faire avancer l’Europe ».