Le Premier ministre belge rejette la réglementation sur les sans-papiers pour lutter contre le chômage
Le Premier ministre belge Alexander De Croo (Open VLD, Renew) s’est prononcé mercredi (30 août) contre une proposition visant à réglementer les migrants sans-papiers — qui a été présentée pour faire face à la crise du chômage en Wallonie.
Le Premier ministre belge Alexander De Croo (Open VLD, Renew) s’est prononcé mercredi (30 août) contre une proposition visant à réglementer les migrants sans-papiers — qui a été présentée pour faire face à la crise du chômage en Wallonie.
Cette proposition avait été présentée au début de l’été dans une lettre du ministre-président de la Wallonie Elio Di Rupo (PS/S&D) adressée à M. De Croo. Il préconisait la régularisation des « demandeurs de protection internationale et des sans-papiers » qui possèdent les compétences qui font cruellement défaut dans les secteurs en pénurie.
Dans sa lettre, il a souligné que cette « réglementation nuit sensiblement aux intérêts de la Région wallonne en matière de migration économique et aux efforts de développement de la Wallonie ».
Toutefois, M. Di Rupo pourrait compter sur un soutien important de la part de sa famille politique. La vice-présidente du gouvernement wallon Christie Morreale (PS/S&D), mais aussi tout récemment le ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne, dont le cabinet a déclaré mercredi que cette solution pourrait permettre de « traiter à la fois le problème de la clandestinité et le problème des pénuries sur le marché du travail ».
« Utiliser des travailleurs sans papiers pour occuper des emplois en pénurie n’est pas une bonne idée », a déclaré M. De Croo sur LN24. Il estime que la priorité devrait plutôt être d’« activer les chômeurs ».
Ce point de vue est partagé par le président du MR, Georges-Louis Bouchez (Renew), qui a réagi plus tôt dans la journée sur Twitter. « Je n’ai pas de problèmes à faire de la migration économique, mais l’urgence, c’est d’abord faire travailler les demandeurs d’emploi wallons », a-t-il écrit.
Selon des données récentes de l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS), le taux de chômage wallon a atteint 8,4 % pour la tranche d’âge des 15-64 ans en 2022, un chiffre bien plus élevé que celui de la Flandre (3,1 %), mais aussi supérieur à la moyenne de l’Union européenne (6,3 %). La situation ne devrait pas s’améliorer : les projections démographiques prévoient que la Wallonie fera tourner son économie avec 50 000 actifs de moins qu’aujourd’hui.
L’appel à l’immigration semble donc inévitable pour les pays en déclin démographique, comme en témoigne l’Allemagne qui a franchi le pas en début d’année.
Faire travailler des migrants sans papiers pour occuper des emplois vacants en cas de pénurie n’est pas nouveau : le parti politique belge Ecolo (Verts/ALE) a déjà plaidé en faveur de l’emploi légal des migrants sans papiers, il y a plus d’un an. À l’époque, la secrétaire d’État à l’asile et à la migration, Nicole de Moor (CD&V/PPE), s’était opposée à cette idée.
Sa récente déclaration semble confirmer qu’elle ne souhaite pas aller plus loin dans cette direction. Dans un communiqué de presse publié mardi, elle a décidé de cesser temporairement d’accueillir dans le réseau Fedasil les hommes isolés qui demandent l’asile en Belgique, afin d’anticiper « l’afflux croissant de familles et d’enfants pour éviter absolument que des enfants ne se retrouvent à la rue en hiver ».