Le Premier ministre britannique dément toute volonté d’assouplir l’accord du Brexit
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a cherché à réfuter les informations selon lesquelles le Royaume-Uni chercherait bientôt à rouvrir les discussions sur sa relation avec l’UE. Il a ainsi assuré que la vie en dehors de l’UE offrait « déjà d’énormes avantages et opportunités » au pays.
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a cherché à réfuter les informations selon lesquelles le Royaume-Uni chercherait bientôt à rouvrir les discussions sur sa relation avec l’UE. Il a ainsi assuré que la vie en dehors de l’UE offrait « déjà d’énormes avantages et opportunités » au pays.
S’exprimant lundi (21 novembre) lors de la conférence annuelle de la Confédération de l’industrie britannique (CBI), un organisme de lobbying influent, le Premier ministre — qui a fait campagne pour le vote Leave en 2016 en tant que député d’arrière-ban — a déclaré aux délégués : « J’ai voté pour le Brexit, je crois au Brexit ».
Le Sunday Times a récemment rapporté que des ministres de premier plan ont travaillé sur une nouvelle proposition pour les relations avec l’UE basée sur l’accord entre la Suisse et le bloc. Une telle proposition éliminerait 80 % des contrôles entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord et ouvrirait l’accès au marché unique. Cela pourrait se traduire par des contributions annuelles du Royaume-Uni au budget de l’UE, mais pas par le retour de la liberté de circulation.
Ces annonces, conjuguées aux remarques du ministre des Finances Jeremy Hunt la semaine dernière selon lesquelles il chercherait à « supprimer la grande majorité des barrières commerciales qui existent entre nous et l’UE », ont relancé le débat sur les relations économiques du Royaume-Uni avec l’UE et suscité la colère des partisans du Brexit.
Bien que le parti conservateur au pouvoir, alors dirigé par Boris Johnson, ait obtenu une large majorité de 80 sièges lors des élections de décembre 2019 sur la promesse de mener à bien le processus de Brexit, les enquêtes d’opinion suggèrent depuis plusieurs années que pour une majorité de Britanniques, quitter l’UE était une erreur.
Ainsi, un sondage YouGov publié la semaine dernière révèle que 56 % du public considère que la Grande-Bretagne a eu tort de quitter l’Union européenne, contre 32 % pensant le contraire seulement.
Le parti travailliste d’opposition, qui avait promis un second référendum sur la question de l’appartenance à l’UE lors des élections de 2019, a refusé de définir sa position au-delà de son opposition à l’appartenance du Royaume-Uni au marché unique.
Un accord inspiré de celui de la Suisse avec l’UE reposerait sur le principe d’alignement des règlementations, selon lequel le Royaume-Uni s’engagerait à respecter des pans entiers de la législation européenne relative au marché unique.
M. Sunak a toutefois déclaré qu’en dehors de l’UE, le Royaume-Uni établirait « des régimes réglementaires adaptés à l’avenir qui garantiraient que ce pays puisse être leader dans les industries qui créeront les emplois et la croissance de demain ».
Le projet de loi du gouvernement sur le maintien du droit communautaire (Retained EU Law Bill), qui mettrait fin au statut spécial d’environ 4 000 textes législatifs de l’UE dans le droit national britannique et permettrait de les révoquer avec facilité, poursuit cette semaine son processus d’adoption par le Parlement britannique.
En dépit de la sortie de l’UE et de la fin de la liberté de circulation, les flux migratoires vers le Royaume-Uni ont en réalité progressé depuis le Brexit. Ce phénomène s’explique principalement par une augmentation significative des flux migratoires hors de l’UE.
Cependant, un certain nombre de secteurs, dont l’hôtellerie et l’agriculture, ont fait état de grandes difficultés à pourvoir les 1,2 million d’emplois vacants au Royaume-Uni.
Le directeur général de la CBI, Tony Danker, a déclaré lors de la conférence que les pénuries de main-d’œuvre au Royaume-Uni étaient « vastes » et que le pays ne disposait pas des personnes dont il « a besoin, ni de la productivité » nécessaire.
M. Sunak a répondu à cela que le Royaume-Uni avait « l’un des régimes de visa les plus attractifs au monde pour les entrepreneurs et les personnes hautement qualifiées ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]