Le Premier ministre néerlandais ignore le vote du Parlement
Dans une lettre adressée à sa chambre basse, Mark Rutte refuse toujours de condamner le site xénophobe lancé par l’homme politique populiste Geert Wilders. Les députés européens l’ont pourtant pressé d’agir.
Dans une lettre adressée à sa chambre basse, Mark Rutte refuse toujours de condamner le site xénophobe lancé par l’homme politique populiste Geert Wilders. Les députés européens l’ont pourtant pressé d’agir.
Les relations entre le Parlement de Strasbourg et le gouvernement des Pays-Bas ne sont pas prêtes de s’améliorer. Depuis la mise en ligne par le parti d’extrême droite du pays (PVV) d’un site appelant à la dénonciation des Européens de l’Est prenant le travail des Néerlandais, le torchon brûle entre les deux parties.
>>> Pour comprendre le début de l’affaire, lire « Un site néerlandais appelle à la délation des Polonais, Roumains et Bulgares »
D’un côté, le premier ministre, Mark Rutte, refuse de condamner l’initiative au motif non avoué que la survie de son gouvernement, minoritaire au sein de l’assemblée, dépend en grande partie du soutien extérieur du PVV de Geert Wilders.
De l’autre, le Parlement européen, est outré de voir ainsi des citoyens européens discriminés et les libertés fondamentales de l’UE remises en question.
Pour maintenir la pression sur La Haye, les députés ont approuvé, jeudi 15 mars, une résolution demandant à Mark Rutte de « condamner » lui-même « cette déplorable initiatives et à s’en désolidariser » au nom de son gouvernement.
Au dessus de la mêlée
Mais que les parlementaires ne se fassent pas trop d’illusions, le Premier ministre n’a pas l’intention de changer de ligne de défense.
Dans un courrier adressé à la chambre néerlandaise des Représentants le jour même, il maintient son opposition à toute condamnation. Selon lui, « les partis politiques jouissent d’une grande liberté pour exprimer leur opinion (…) et seule la justice peut décider si des lois ont été violées » par le site Internet. Une façon de se placer au dessus de la polémique et de faire fi du soutien apporté par le PVV à son gouvernement lors des votes.
Mark Rutte en profite pour rappeler son attachement à la liberté de circulation des travailleurs au sein de l’UE et se dit prêt à débattre avec le Parlement, dans le cadre d’une discussion plus large sur la situation économique.
Cette lettre a été relayée à l’ensemble des députés européens par leur président, Martin Schulz. Joint par téléphone, son cabinet n’a souhaité faire aucune déclaration et a ajouté que pour moment, aucune autre action n’était prévue.