Le premier tour des élections en Finlande remporté par un candidat favorable à l'euro

Le candidat favorable à l'euro Sauli Niinisto a remporté le premier tour des élections présidentielles en Finlande ce dimanche. Il semblerait donc que les électeurs souhaitent continuer de coopérer avec l'Union européenne, et ce malgré leur frustration face au renflouement des Etats membres surendettés.

EURACTIV.com / Reuters
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Le candidat favorable à l'euro Sauli Niinisto a remporté le premier tour des élections présidentielles en Finlande ce dimanche. Il semblerait donc que les électeurs souhaitent continuer de coopérer avec l'Union européenne, et ce malgré leur frustration face au renflouement des Etats membres surendettés.

Le candidat favori des conservateurs et ancien ministre des finances a remporté 37 % des suffrages. Le 5 février prochain, lors du second tour, M. Niinistö devra affronter un autre candidat favorable à l'Euro, Pekka Haavisto du Parti vert, qui a récolté 19 % des voix.

Les candidats qui se sont prononcés contre l'adoption de l'euro, Paavo Vayrynen et Timo Soini, ont été mis hors course.

Bien que le président ne dispose que d'un faible pouvoir exécutif dans le domaine des affaires militaires et diplomatiques, il s'agit d'un poste de prestige et ce vote pro-euro devrait atténuer les pressions qui pèsent sur le gouvernement pour qu'il adopte une position ferme vis-à-vis de Bruxelles.

Un dirigeant eurosceptique aurait pu pousser le premier ministre, Jyrki Katainen, à réclamer des conditions plus strictes dans le cadre des futurs renflouements.

« C'est important. Ce vote aura un impact sur les discussions politiques, dans la mesure où l'Europe mène des débats complexes sur la gestion de crise », a expliqué le professeur Tuomo Martikainen de l'université d'Helsinki. Il est convaincu, tout comme d'autres observateurs, que M. Niinistö remportera le second tour.

Une approche internationaliste

Ces élections présidentielles surviennent neuf mois après que le parti des Vrais Finlandais de M. Soini a enregistré de très bons résultats lors des élections législatives, suite à une campagne qui s'est concentrée sur la critique des renflouements opérés en Europe.

Des impôts élevés, combinés à des perspectives de croissance économique moroses, ont apporté de l'eau au moulin de ceux qui affirment que la Finlande a permis à certains pays d'alléger leurs dettes facilement, alors que les électeurs finlandais doivent se serrer la ceinture.

Les résultats de ce dimanche montrent cependant que la population préfèrerait être représentée par un dirigeant plus ouvert sur l'extérieur.

M. Soini est arrivé quatrième avec 9 % des voix. Certains experts pensent que cette baisse de popularité est sans doute due à des commentaires racistes formulés par des membres de son parti, ainsi qu'à son style quelque peu provocateur. Les perspectives d'une récession à l'échelle de l'Europe a également fait pencher la balance en faveur d'un président qui soutient le gouvernement, ont-ils expliqué.

Le gouvernement finlandais et la zone euro devraient s'accorder lundi sur une série de nouvelles règles concernant un fonds de sauvetage de 500 milliards d'euros. La Finlande est le seul pays à s'être opposé à un nouveau système de scrutin majoritaire. Un accord à ce sujet permettrait de lever l'un des derniers obstacles qui pourraient empêcher la mise en oeuvre du fonds en juillet.

M. Niinistö, qui a travaillé pour la Banque européenne d'investissement, a réaffirmé son approche pro-européenne : « L'UE nous fournit une direction essentielle. Nous sommes européens. »

M. Niinistö et M. Katainen sont tous deux membres du Parti de la Coalition nationale qui prône une politique économique conservatrice et des valeurs sociales libérales. En tant que président, M. Niinistö devra toutefois renoncer à son affiliation.

Certains électeurs se sont dits inquiets de la montée des Vrais Finlandais l'an dernier, craignant qu'un sentiment de xénophobie ne gagne un pays où les immigrés représentent moins de 5 % de la population.

« Les débats politiques sont devenus plus conservateurs et xénophobes depuis que les Vrais Finlandais ont remporté les élections l'année dernière », a expliqué un jeune responsable de publicité de 29 ans. Il a voté pour M. Haavisto, le premier candidat à la présidentielle qui affiche son homosexualité.

M. Haavisto, qui a voté en compagnie de son partenaire à Helsinki, a déclaré : « D'une certaine manière, je suis un pionnier, mais je pense que les Finlandais sont des gens très tolérants et qu'ils acceptent les gens pour ce qu'ils sont. »

La présidente, Tarja Halonen, a été élue en 2000, puis réélue en 2006. Il s'agissait de la première femme à présider le pays. Elle quitte ses fonctions au bout de 12 ans, la durée maximum autorisée.