Le président azéri refuse de rencontrer la ministre belge des Affaires étrangères sur fond de tensions diplomatiques

Le président azéri Ilham Aliyev aurait refusé de rencontrer la ministre belge des Affaires étrangères Hadja Lahbib jeudi en raison des propos qu’elle a tenus en Arménie au début de la semaine sur le conflit dans la région du Haut-Karabagh.

/ Euractiv.com
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Le président azéri, Ilham Aliyev, aurait annulé la réunion en raison de la « position pro-arménienne et des déclarations infondées » tenus par la ministre belge en Arménie. [EPA-EFE/MIKHAIL METZEL /SPUTNIK]

Le président azéri, Ilham Aliyev, aurait refusé de rencontrer la ministre belge des Affaires étrangères Hadja Lahbib jeudi (24 août) en raison des propos qu’elle a tenus en Arménie au début de la semaine sur le conflit dans la région du Haut-Karabagh.

Hadja Lahbib a entamé lundi un voyage de quatre jours dans la région du Caucase du Sud, notamment dans le but de promouvoir la paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Mardi, elle a débuté sa tournée en Arménie, où elle a rencontré son homologue, Ararat Mirzoyan, et le Premier ministre Nikol Pashinyanet. Elle a également visité le mémorial dédié aux victimes du génocide arménien, une première pour un ministre belge des Affaires étrangères depuis que la Belgique a reconnu ce génocide.

À l’issue d’une réunion avec son homologue arménien, elle a réitéré son inquiétude quant à la situation humanitaire actuelle dans la région du Haut-Karabakh (Nagorno-Karabakh), où vit une grande majorité d’Arméniens. Le corridor de Latchine, seul point de passage entre l’Arménie et la région du Haut-Karabakh, est soumis à un blocus imposé par l’Azerbaïdjan. Une situation qui menace quelque 120 000 personnes de famine, tandis que les pénuries d’eau et d’électricité se multiplient, selon Erevan.

Mme Lahbib a ensuite réitéré la position de l’UE et de la Belgique sur la question, demandant à l’Azerbaïdjan de garantir la libre circulation dans le corridor.

« La seule voie viable vers la paix passe par le dialogue et le compromis », a-t-elle tweeté plus tard dans la journée.

Étape en Géorgie

Le lendemain, elle s’est rendue en Géorgie, où elle a rencontré son homologue géorgien Ilia Darchiashvili.

Elle y a réaffirmé le soutien de la Belgique à la Géorgie sur la voie de sa candidature à l’adhésion à l’UE, à travers la poursuite des réformes. Elle a également visité la frontière séparant les territoires sécessionnistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud.

« La Belgique soutient l’intégrité territoriale de la Géorgie. Une solution négociée, conforme au droit international, est primordiale », a-t-elle déclaré sur X (anciennement Twitter).

Une rencontre annulée

Jeudi, après son arrivée à Bakou, en Azerbaïdjan, la ministre belge devait rencontrer le président Ilham Aliyev pour un échange de vues. Cependant, la rencontre a été annulée.

Selon le site d’information azéri Trend, citant plusieurs sources, le président aurait annulé la réunion en raison de la « position pro-arménienne et des déclarations infondées » tenus par la ministre belge en Arménie. Pourtant, selon une source belge cette fois, l’annulation était due à un simple problème d’agenda et avait été décidée avant même que Mme Lahbib ne s’envole pour le Caucase, a rapporté Le Soir.

Elle a toutefois rencontré le ministre azéri des Affaires étrangères, Jeyhun Bayramov. Les deux ministres ont discuté « d’un certain nombre de questions dans le domaine des relations bilatérales, du commerce et des investissements », rapporte Trend.

Mme Lahbib a notamment souligné l’importance du partenariat entre l’Azerbaïdjan et l’UE, en particulier dans le secteur de l’énergie.

La ministre belge a déclaré qu’elle avait également discuté de la situation dans le Haut-Karabakh et « réaffirm[é] l’engagement de la Belgique et de l’Union européenne à promouvoir une solution négociée », conservant ainsi la même position qu’en Arménie.

Pour sa part, M. Bayramov, cité par Trends, a appelé à la fin de la politique de deux poids deux mesures à l’égard de l’Azerbaïdjan : « Nous espérons qu’au moins parfois, les manipulations politiques opérées par l’Arménie ne seront pas si facilement prises en compte par l’Europe ».

Il a également réitéré « l’engagement de l’Azerbaïdjan en faveur de la normalisation [des relations] bilatérale et du processus de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie », ajoutant que « les actions malveillantes et [le] programme de propagande de l’Arménie sont inacceptables ».