Le président turc appelle l’Occident à condamner les actes islamophobes

Le président turc dont la police a procédé en décembre à l'arrestation d'une trentaine de journalistes reproche à l'Occident son hypocrisie.

EURACTIV.fr avec Reuters
Le président turc, Recep Erdogan © Commission européenne
Le président turc, Recep Erdogan © Commission européenne

Le président turc dont la police a procédé en décembre à l’arrestation d’une trentaine de journalistes reproche à l’Occident son hypocrisie.

Le président turc a critiqué lundi l’hypocrisie dont les puissances occidentales ont selon lui fait preuve en s’indignant des attentats de la semaine dernière à Paris sans condamner les actes islamophobes commis en Europe.

Recep Tayyip Erdogan, qui recevait le président palestinien Mahmoud Abbas, s’en est par ailleurs vivement pris au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui a participé à la marche citoyenne organisée dimanche à Paris pour condamner les attentats.

« Comment un homme qui a tué 2.500 personnes à Gaza en recourant au terrorisme d’État peut-il aller agiter la main à Paris (…) ? Comment ose-t-il faire une chose pareille ?

« Vous devriez commencer par annoncer combien de femmes et d’enfants vous avez tués », s’est indigné Erdogan, s’adressant indirectement à l’intéressé.

La liberté de la presse sous pression en Turquie

Le président turc n’a pas défilé dimanche à Paris, où il avait dépêché son Premier ministre, Ahmet Davutoglu.

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La présence de plusieurs chefs d’État à la marche du 11 janvier a été contestée par des organisations de lutte pour les droits de l’homme, qui visaient plutôt le Hongrois Victor Orban ou le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, ou encore Avigdor Liberman le ministre des Affaires étrangères israélien. La police turque a interpellé en décembre dernier plusieurs journalistes, entraînant une vive réaction de Bruxelles qui avait qualifié ces arrestations de « contraires aux valeurs européennes ».

La Turquie est un des pays au monde qui compte le plus de journalistes en prison. Mais pour le chef de l’État turc, c’est l’UE qui pêche par hypocrisie en ne condamnant pas les actes islamophobes.

Une cinquantaine d’incidents anti-musulmans auraient été recensés depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, selon le Ministère de l’Intérieur, dont 21 actions concrètes et 33 menaces. Le Conseil français du culte musulman a relayé ces informations lundi 12 janvier.

Appel à prendre des mesures pour protéger les musulmans

« L’hypocrisie occidentale est évidente. En tant que musulmans, nous n’avons jamais participé à aucun massacre terroriste. Derrière tout cela, il y a le racisme, les discours haineux et l’islamophobie. De grâce, que les administrations des pays où nos mosquées sont attaquées prennent des mesures », a-t-il poursuivi.

« Des citoyens français ont commis ce massacre et les musulmans en payent le prix. C’est très significatif (…) Leurs services de renseignement ne surveillent-ils pas ceux qui sortent de prison ? »

Ahmet Davutoglu avait refusé un peu plus tôt que la Turquie soit montrée du doigt pour avoir laissé Hayat Boumeddiene, compagne et complice présumée d’Amedy Coulibaly, l’un des auteurs des attentats, rejoindre la Syrie en passant par Istanbul avant qu’il ne passe à l’action.