Le quartier européen à Bruxelles prêt pour une rénovation « spectaculaire » [FR]
La Commission européenne veut conférer au quartier une atmosphère plus symbolique et plus humaine. C’est ce qu’a déclaré hier (5 mars) le vice-président de la Commission européenne Siim Kallas, lors de l’annonce des vainqueurs du concours visant à revitaliser le quartier.
La Commission européenne veut conférer au quartier une atmosphère plus symbolique et plus humaine. C’est ce qu’a déclaré hier (5 mars) le vice-président de la Commission européenne Siim Kallas, lors de l’annonce des vainqueurs du concours visant à revitaliser le quartier.
La proposition qui a été choisie, proposée par une équipe multinationale dirigée par l’architecte français Christian de Portzamparc, créera un quartier symbolique pour les institutions européennes, et donnera un corps et une âme au projet politique européen, selon M. Kallas. Elle procurera en outre à la Commission l’espace nécessaire pour ses bureaux.
La rue de la Loi se concentre sur un nouveau développement
Axée sur la rue de la Loi, qui part du rond-point Schuman – siège du Berlaymont, qui abrite l’exécutif européen – et va jusqu’aux boulevards intérieurs de la capitale belge, la rénovation permettra la construction de nouveaux bureaux, d’espaces publics, de magasins, et éventuellement d’une crèche destinée aux employés des institutions européennes.
L’idée est de regrouper les départements dans des bâtiments plus grands et plus efficaces, et de s’assurer d’une véritable mixité des bâtiments accueillant des bureaux, des magasins et des appartements, selon l’exécutif européen. Le but ultime est de réduire l’empreinte environnementale globale de la Commission, tout en permettant de bonnes connections des transports publics, et en contribuant à l’embellissement de la rue de la Loi et de ses environs.
L’exécutif européen et la Région de Bruxelles-Capitale veulent utiliser 400 000 m² de surface détenue par la Commission de chaque côté de la rue de la Loi, et y déménager 230 000 m² de bureaux. Actuellement, l’exécutif européen n’occupe que 170 000 m² de la surface soumise à l’appel à propositions.
La vision de M. Portzamparc, décrite au cours d’une présentation qui a eu lieu hier, consiste en un ensemble de grandes tours de verre autour du bloc du Charlemagne, érigé en bâtiment phare, et concentre la plupart des nouvelles constructions le long de ce côté de la rue de la Loi.
Le Ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale, Charles Picqué, a décrit les tours proposées comme des bâtiments iconiques placés parmi les plus hauts bâtiments de Bruxelles. Construire des bâtiments plus hauts permet de transformer des espaces clos en espaces ouverts, a-t-il expliqué.
Le quartier européen n’est pas novice en matière de nouvelles constructions. En effet, les nouveaux locaux du Conseil sont actuellement construits à côté des locaux du Justus Lipsius, et la gare ferroviaire sous le rond-point Schuman est modernisée en vue de mieux se raccorder au métro et au réseau ferroviaire national.
Densité augmentée …
Un représentant de l’UE a souligné que l’objectif du nouveau projet était d’augmenter la densité de la rue de la Loi, pas de construire une ligne d’horizon. Il a néanmoins souligné le besoin de préserver la vue sur l’arche du Parc du Cinquantenaire.
… mais plus d’espaces ouverts
En effet, la présentation montre également un trafic routier réparti sur deux voies de chaque côté de la rue, avec un boulevard élargi, et plus d’espaces verts.
M. Picqué a averti que la mobilité était la clé du succès de tout futur développement. Nous n’allons pas supprimer le trafic, mais nous voulons parvenir à un trafic automobile sur deux voies, des transports publics, et une rue de la Loi plus verte, a-t-il expliqué, admettant qu’ils allaient devoir mener une réflexion plus importante.
« Couloir à véhicules »
A l’heure actuelle, la rue de la Loi est l’un des axes les plus empruntés de la ville et se caractérise par un immense tunnel reliant le centre de Bruxelles au réseau autoroutier. Je ne suis pas favorable à la conservation de l’actuel couloir à véhicules, mais nous devons respecter le défi a indiqué M. Picqué, ajoutant qu’il s’agissait d’une question de mobilité couplée à des contraintes fonctionnelles.
M. Picqué a souligné rapidement que l’idée n’était pas de tout détruire pour tout reconstruire. Nous n’allons pas tout raser et créer à la place un grand quartier de bureaux, et nous ne procéderons pas à des expropriations massives, a-t-il déclaré, laissant entendre que la réorganisation du quartier pourrait prendre environ 15 ans.
Le commissaire Kallas a refusé d’admettre que le coût poserait problème, déclarant que l’exécutif européen financera la construction des nouveaux bâtiments sur son propre budget. Si la Commission préfère être propriétaire de ses bâtiments, la location est également possible, a-t-il expliqué, ajoutant que le coût ne dépassera pas les limites budgétaires.
L’exécutif européen cherche également à tendre vers plus de décentralisation, en développant de un à trois sites en dehors du quartier européen central. Il examine actuellement neuf locations, et prendra sa décision en cours d’année.