Le recrutement et la formation des membres du SEAE en débat
Selon le commissaire aux Relations interinstitutionnelles, Maroš Šef?ovi?, Catherine Ashton devrait bientôt avancer ses propositions sur le recrutement des diplomates du SEAE.
Selon le commissaire aux Relations interinstitutionnelles, Maroš Šef?ovi?, Catherine Ashton devrait bientôt avancer ses propositions sur le recrutement des diplomates du SEAE.
« Je pense que nous verrons le plan de cette proposition très prochainement », a déclaré le vice-président de la Commission européenne Maroš Šef?ovi? à l’occasion d’une interview à EURACTIV.com. Il a rappelé qu’un tiers des diplomates du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) proviendra des diplomaties nationales d’ici 2013, faisant référence aux chiffres avancés par le Haut représentant pour l’action extérieure, Catherine Ashton le 26 avril.
Plus précisément, les deux autres tiers du personnel proviendront du Conseil et de la Commission européenne, ce qui ferait un total de « 1100 personnes à ce stade initial ». Ils auront le grade d’administrateur.
Cette diversité du recrutement, tant institutionnelle que géographique, ne sera pas sans poser problème. Selon le directeur des relations internationales de l’ENA, Philippe Bastelica, « une formation sera à mettre en place pour susciter un sentiment commun d’appartenance ». Intervenant lors d’un colloque organisé par l’institut de recherche Iréné de l’ESSEC le 7 mai, il a pointé « la nécessité de former des responsables capables de diriger des personnes dans un milieu multiculturel ».
Conformément aux orientations du Conseil, la formation des diplomates devrait se fonder sur les « pratiques nationales existantes ». Un ancien diplomate britannique, Alan Hunt, a déploré le manque de clarté de cette formulation. En réponse, il proposait de limiter la formation au minimum, pour qu’elle se fasse avant tout sur le terrain dans le cadre de leur fonction au SEAE.
D’autres comme Antje Herrberg, conseillère au Crisis Management Initiative envisagent un véritable collège européen de diplomatie financé par des fonds européens.
Selon le directeur du Centre d’études et de recherches internationales, Christian Lequesne, un recrutement direct aurait été préférable à la fusion des services de la Commission et du Conseil, même si elle est difficile à éviter.
Car, l’enjeu principal serait en réalité la question de l’allégeance des fonctionnaires du SEAE. Pour qu’il devienne un service dans lequel « une forme de loyauté européenne dépasse les loyautés nationales », il faudra notamment que l’évolution des carrières du personnel ne dépende pas d’une institution extérieure telle que la Commission ou les services diplomatiques nationaux. « Si vous savez que l’avancement de votre carrière dépend d’un retour en France, la loyauté européenne ne se développera pas » et le SEAE ne sera qu’un lieu de passage, a conclu Christian Lequesne.