Le renseignement allemand revient sur sa décision de classer l'AfD comme « extrémiste »
Le renseignement intérieur allemand a suspendu, jeudi 8 mai, sa décision de classer le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) comme « mouvement d'extrême droite ».
Le renseignement intérieur allemand a suspendu, jeudi 8 mai, sa décision de classer le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) comme « mouvement d’extrême droite ».
La semaine dernière, l’Office pour la protection de la Constitution (Verfassungsschutz), avait qualifié l‘AfD, parti arrivé en deuxième position aux élections de février, de mouvement d’extrême droite.
Dans son évaluation interne de 1 100 pages, l’agence avait estimé que la tentative du parti d’exclure certains groupes de population de la participation égale à la société était « incompatible » avec la Constitution et le principe de dignité humaine.
Cette décision permettait à l’agence de renforcer sa surveillance des bureaux et des responsables de l’AfD, facilitant ainsi le recrutement d’informateurs et l’utilisation de ressources publiques pour surveiller le parti.
Les responsables politiques de l’AfD contestent désormais cette classification devant les tribunaux. En attendant le jugement, un accord a été trouvé pour suspendre temporairement la désignation.
Par le passé, les services de renseignement avaient déjà suspendu une autre décision qui classait l’AfD comme un parti « soupçonné d’activités d’extrême droite ».
Le parti avait fait appel de cette décision devant les tribunaux. Bien qu’aucun verdict final n’ait encore été rendu, le parti a déjà échoué à deux reprises dans ses recours.
En réaction à l’annonce de la suspension, les porte-parole fédéraux de l’AfD Tino Chrupalla et Alice Weidel ont salué ce retournement de situation, le qualifiant de « première étape importante vers une disculpation effective » du parti.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]