Le sommet de l’extrême droite sur la remigration menacé
Le sommet sur la remigration qui doit se tenir en Italie ce week-end, connaît un début pour le moins chaotique. L’hôtel qui devait accueillir le rassemblement a annulé la réservation des organisateurs et certains participants se sont vus refuser l’entrée dans le pays ou ont été expulsés.
Le sommet sur la remigration qui doit se tenir en Italie ce week-end, connaît un début pour le moins chaotique. L’hôtel qui devait accueillir le rassemblement a annulé la réservation des organisateurs et certains participants se sont vus refuser l’entrée dans le pays ou ont été expulsés à la veille de l’évènement.
Des figures de l’extrême droite de toute l’Europe doivent se réunir en Italie ce week-end à l’occasion du « Remigration summit » pour planifier un vaste projet de « remigration » visant à expulser les personnes non blanches, qu’elles soient immigrées ou nées en Europe, quelle que soit leur nationalité ou leur statut légal.
Parmi les principaux orateurs figurent le militant d’extrême droite autrichien Martin Sellner, l’ancien eurodéputé français Jean-Yves Le Gallou, le Belge déchu de ses droits civils pour dix ans pour infraction à la loi sur le racisme et le négationnisme Dries Van Langenhove et l’influenceuse néerlandaise Eva Vlaardingerbroek.
D’après les organisateurs, environ 400 personnes étaient attendues, et tous les billets — certains vendus jusqu’à 250 euros pour un accès VIP — avaient trouvé preneur.
Le lieu de l’évènement a été tenu secret pour des raisons de sécurité, mais il semblerait que le sommet se tiendra à Varèse, près de Milan.
Cependant, cette semaine, dans un courriel vu par Euractiv, ses organisateurs ont informé les participants qu’une coalition de « journalistes, de responsables politiques, d’antifas et d’autorités italiennes » faisait tout son possible pour empêcher la tenue de l’évènement. Ce message confirme également que le site initialement réservé a rompu son contrat avec les organisateurs.
Par ailleurs, jeudi 15 mai, les médias ont rapporté que l’homme politique danois d’extrême droite Rasmus Paludan avait été arrêté à l’aéroport de Milan Malpensa et expulsé d’Italie, alors qu’il se rendait au sommet. Rasmus Paludan est connu pour avoir brûlé des exemplaires du Coran en public, des actions qui ont suscité l’indignation générale et lui ont valu de se voir interdire l’entrée dans plusieurs pays.
Dans une vidéo diffusée sur Telegram, Martin Sellner explique avoir pu entrer sur le territoire italien, mais que huit militants allemands impliqués dans l’évènement ont été arrêtés et interrogés par la police allemande avant même de pouvoir embarquer pour Milan. Selon des documents qu’il a publiés, les autorités allemandes ont évoqué « un risque considérable d’atteinte à la réputation de la République fédérale d’Allemagne ».
Martin Sellner a également suggéré qu’un accord aurait été conclu entre Berlin et Rome pour empêcher les participants de se rendre au sommet. « Il est possible que je sois arrêté ce soir », a-t-il ajouté. À l’heure actuelle, aucune information ne semble indiquer qu’il aurait été interpellé par la police italienne.
Le Belge Dries Van Langenhove, pourrait également manquer le sommet. « Ce vendredi, je pourrais être envoyé en prison pour des années », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.
Deux manifestations d’opposition au sommet sont prévues à Milan, l’une organisée par des partis politiques de centre-gauche, l’autre par des groupes d’étudiants et des mouvements sociaux.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]