Le ton monte entre Athènes et le reste de l’UE

Alexis Tsipras a engagé un bras de fer avec ses partenaires de la zone euro en demandant un réaménagement de la dette grecque. Face à l'intransigeance de certains Etats, notamment l'Allemagne, Athènes ne s'interdit pas d'aller chercher du soutien ailleurs.   

EURACTIV.fr avec Reuters
Alexis Tsipras, premier ministre grec issu du parti d’extrême gauche Syriza veut renégocier la dette de son pays.
Alexis Tsipras, premier ministre grec issu du parti d'extrême gauche Syriza veut renégocier la dette de son pays. [<a href="https://www.flickr.com/photos/linkeimep/13759092834/in/photolist-mXQWWw-mXP2qX-mXQW5m-kX2cEo-bTwMDz-4YwFch-ekoA3E-nsZaRt-mXNYoK-mXQSQq-mXNWJ2-4YxcUC-noqdB2-4YwXiL-4YsfeT-4YxRhj-4Yt2FH-4Yx2Nj-nyqpzZ-nyHvGP-nhdRVn-nyJjeW-nyt4zd-nyquut-nhdKvX-nX76os-nXe3NM-nEK3ox-nhe39u-nyqrme-nhdTzW-6cKz5q-6cFYWK-6cL5Ty-4YsDZV-4YwRXN-4YwLTE-4YwKcf-4YsmVF-4Ywyzf-bEC495-4Yt7E6-4fw4C9-jUgkJr-kCxNQM-bTwMRk-bEC4nb-bTwMoD-bTwMik-bEC3P1" target="_blank" rel="noopener">@ Die LINKE. in Europa (CC BY-NC 2.0)</a>]

Alexis Tsipras a engagé un bras de fer avec ses partenaires de la zone euro en demandant un réaménagement de la dette grecque. Face à l’intransigeance de certains Etats, notamment l’Allemagne, Athènes ne s’interdit pas d’aller chercher du soutien ailleurs.   

La tension grimpe entre le premier ministre grec, Alexis Tsipras et ses partenaires européens sur la question de la dette grecque.

S’exprimant dimanche soir devant le parlement lors d’un discours très attendu, Alexis Tsipras a répété que la Grèce n’accepterait pas une prolongation du programme d’aide financière dont elle bénéficie, laissant craindre des tensions lors du Sommet prévu jeudi 12 février  avec les dirigeants de l’Union européenne qui soutiennent cette solution.

>> Lire : La victoire de Syriza brave l’austérité en Europe

Lundi 9 février  à Vienne, Tsipras a renouvelé son appel en faveur d’un accord relais couvrant la période du 28 février au 1er juin afin de donner le temps à la Grèce de trouver les moyens de remplacer l’actuel programme par un nouveau cadre qui entrerait en vigueur le 1er septembre.

« Je suis confiant dans le fait qu’il y aura un accord avec nos partenaires sur la base de notre plan », a déclaré Alexis Tsipras après des entretiens avec le chancelier autrichien Werner Faymann.

Solution alternative viable

« Pour l’instant nous n’avons entendu aucune autre solution alternative viable », a-t-il ajouté, précisant qu’Athènes ne souhaitait pas avoir une relation frontale avec ses créanciers et que le plan qu’il propose n’aura aucun coût pour les contribuables européens.

« Je ne pense pas qu’il existe de raisons suffisamment graves pour que cet accord entre la Grèce et ses partenaires ne puisse pas voir le jour, hormis des raisons politiques », a-t-il estimé.

>>Lire : Le roadshow d’Alexis Tsipras peine à faire bouger Paris et Berlin

La position dessinée par Alexis Tsipras devant la Vouli dimanche va exactement à l’encontre de l’option retenue par les dirigeants de l’Eurogroupe qui font pression pour qu’Athènes sollicite une prolongation de son programme d’aide.

Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a de son côté déclaré que la zone euro risquait de s’effondrer comme un « château de cartes » et un responsable de son entourage a dit ne pas croire que Jean-Claude Juncker, Angela Merkel ou la directrice générale du FMI Christine Lagarde acceptent de laisser la Grèce faire faillite.

Mise en garde de Juncker

Signe des tensions qui s’accumulent avant la réunion des ministres des Finances prévue le 11 février et du Conseil européen du  jeudi 12, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a prévenu les Grecs qu’ils ne devaient pas s’attendre à voir les pays membres de la zone euro se plier aux exigences grecques.

>>Lire : La victoire de Syriza en Grèce challenge la Commission européenne

« La Grèce ne doit pas considérer que l’état d’esprit général a changé au point que la zone euro va accepter de manière inconditionnelle le programme du gouvernement Tsipras », a dit Juncker en visite en Allemagne.

« Je ne pense pas que nous parviendrons rapidement à un accord », a-t-il ajouté lors d’une réunion du Parti social-démocrate (SPD) à Nauen, près de Berlin.

Le ministre allemand de l’Économie, Sigmar Gabriel, a invité le nouveau gouvernement grec à préciser quelles mesures il entendait mettre en œuvre pour faire face à la crise de la dette « très rapidement ».

>>Lire : Le débat sur la Grèce et la zone euro s’anime en Allemagne

« Il est nécessaire maintenant d’avoir une initiative pragmatique et non pas de montrer du doigt l’autre camp chaque jour – cela ne mène nulle part », a-t-il dit.

Gabriel a estimé que le nouveau gouvernement grec devrait accepter de discuter avec tout le monde, y compris avec la troïka (FMI, BCE et UE).

>>Lire : La BCE engage un bras de fer avec la Grèce

Son collègue des Finances Wolfgang Schäuble a prévenu qu’il n’y aurait pas d’accord relais sans mise en place d’un nouveau cadre de réformes supervisées de l’extérieur.

« Sans programme, ce sera difficile pour la Grèce. Je ne vois pas comment les marchés financiers feraient sans programme, mais peut-être (Tsipras) le sait-il mieux que moi », a-t-il lancé. 

La Chine, Les Etats-Unis ou la Russie, Plan B de la Grèce

Si la Grèce ne parvient pas à trouver un accord sur l’aménagement de sa dette avec ses partenaires européens, elle pourrait solliciter de l’aide ailleurs, a affirmé le ministre grec de la Défense Panos Kammenos.

« Nous voulons un accord. Mais s’il n’y a pas d’accord -espérons qu’il y en aura un – et si nous voyons que l’Allemagne demeure intransigeante et veut faire exploser l’Europe, alors nous devrons recourir à un plan B », explique Panos Kammenos.

« Le plan B est de trouver une autre source de financement », déclare-t-il dans une émission nocturne de la télévision grecque diffusée mardi matin.

« Cela pourrait être les États-Unis au mieux, cela pourrait être la Russie, cela pourrait être la Chine ou d’autres pays », ajoute-t-il.