Le veto de David Cameron au sommet européen déchaîne la coalition britannique
Le premier ministre britannique, David Cameron, est à couteaux tirés avec sa coalition dirigée par les conservateurs, dans la mesure où son partenaire libéral-démocrate a fustigé le veto qu'il a opposé à la signature d'un traité européen visant à renforcer les règles budgétaires pour les pays de la zone euro.
Le premier ministre britannique, David Cameron, est à couteaux tirés avec sa coalition dirigée par les conservateurs, dans la mesure où son partenaire libéral-démocrate a fustigé le veto qu'il a opposé à la signature d'un traité européen visant à renforcer les règles budgétaires pour les pays de la zone euro.
Le vice-premier ministre, Nick Clegg, a déclaré hier (11 décembre) qu'il était très déçu des résultats du sommet de la semaine dernière, affirmant que ce n'était pas de bon augure pour la Grande-Bretagne.
M. Clegg est à la tête des libéraux-démocrates, les partenaires minoritaires d'une alliance difficile qui s'est engagée à diriger le pays jusqu'aux prochaines élections en 2015.
Malgré sa déception quant à la position du gouvernement sur la question européenne, M. Clegg a affirmé qu'il serait désastreux sur le plan économique que la coalition se démantèle alors que l'économie n'est pas loin d'une récession.
Les libéraux-démocrates ont vu leur côte de popularité chuter à un peu plus de 10 % depuis les élections de 2010.
M. Cameron s'exprimera par ailleurs devant le parlement à 15h30 GMT aujourd'hui pour aborder les résultats du sommet.
« Il répétera ce qu'il a dit ces derniers jours sur la raison pour laquelle il a agi de la sorte et pour laquelle il pensait que c'était la marche à suivre», a déclaré un porte-parole à Downing Street.
« La Grande-Bretagne ne fait pas partie de la zone euro. Ils ont débattu de la manière de s'organiser pour s'assurer que la zone euro fonctionne », a-t-il expliqué. « En ce qui concerne les autres politiques, la défense, et toutes les autres politiques, la Grande-Bretagne participera activement aux débats. »
De nombreux eurosceptiques du Parti conservateur devraient saluer le véto posé par M. Cameron, ce qui risque de rendre la position des libéraux-démocrates encore plus instable.
L'incertitude demeure
Dans le même temps, les conséquences du sommet des 8 et 9 décembre dernier pour l'avenir de l'Union européenne sont loin d'être claires.
Suite au rejet de l'accord par M. Cameron, les 26 Etats membres restants ont décidé d'adopter un nouveau pacte budgétaire en faveur de règles plus strictes sur le budget et la dette en dehors du cadre communautaire.
Le rôle des institutions telles que la Commission et le Parlement reste flou étant donné le caractère intergouvernemental de l'accord. Le Parlement européen devrait organiser un débat à ce sujet dès demain (13 décembre).
Les marchés restent pour le peu sceptiques vis-à-vis des résultats du sommet. Moody's Investors Service a déclaré que l'accord de la semaine dernière offrait peu de nouvelles mesures pour résoudre la crise de la dette dans la région.
Le communiqué reflète les tensions persistantes entre la reconnaissance par les leaders de la zone euro de la nécessité d'accroître le soutien aux pays en péril et l'opposition flagrante des pays plus forts face à une telle éventualité, a noté Moody's.