Législatives : la coalition Ensemble d’Emmanuel Macron évite la déroute

L’ancienne majorité était promise à la déroute, mais le camp présidentiel devrait sécuriser environ 160 sièges au sein de la nouvelle Assemblée nationale, et espère parvenir à créer une grande coalition, qui irait du Parti socialiste (PS) à la droite libérale.

Euractiv France
French President Macron votes in second round of parliamentary elections
Si les députés marconistes se retrouvent minoritaires à l'Assemblée, ils restent au centre du jeu. Et c’est déjà une victoire en soi pour le président. EPA-EFE/MOHAMMED BADRA / POOL

L’ancienne majorité était promise à la déroute, mais le camp présidentiel a sécurisé 168 sièges au sein de la nouvelle Assemblée nationale, et espère parvenir à créer une grande coalition, qui irait du Parti socialiste (PS) à la droite libérale.

La coalition Ensemble réunie autour du président Emmanuel Macron est certes en recul, après le second tour des élections législatives, passant de 250 à 168 sièges, mais elle se place devant l’extrême droite du Rassemblement national (RN), qui n’obtiendrait que 143 députés.

« Nous avons trois fois plus de députés que ce que qui était estimé au début de la campagne », s’est félicité le Premier ministre Gabriel Attal, après l’annonce des résultats, ce qui ne l’a pas empêché d’annoncer sa démission, conformément à la tradition républicaine.

« Cette dissolution [décidé par Emmanuel Macron le 9 juin dernier], je ne l’ai pas choisi, mais j’ai refusé de la subir », a-t-il ajouté, avant de préciser rester à la tête du gouvernement « aussi longtemps qu’il le faudra », alors que la France accueille les Jeux olympiques du 26 juillet au 11 août 2024.

Le « barrage républicain » a tenu

Lors de son discours, le Premier ministre a tenu à remercier « tous ceux qui se sont désistés », pour maintenir le « barrage républicain » contre l’extrême droite. Et notamment les candidats des partis de gauche qui, en se retirant, ont permis de faire élire l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne, l’actuel ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin ou encore l’ancienne ministre de l’Énergie Agnès Pannier-Runacher.

« Le sursaut a eu lieu », s’est réjouie sur le réseau social X Valérie Hayer, la tête de liste du parti présidentiel aux dernières élections européennes, félicitant sa famille politique pour avoir pu « empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir ».

Est-ce à dire que la stratégie du président, qui entendait « clarifier la situation politique » en France, en appelant à la dissolution de l’Assemblée nationale, est un succès ? Trois grands blocs se font désormais face et tout l’objectif sera dans les prochains jours de savoir comment constituer une coalition de gouvernement.

L’option privilégiée par Emmanuel Macron est certainement de refonder une alliance dont Ensemble serait le pivot et qui pourrait s’étirer du Parti socialiste (PS) à certains éléments des Républicains, et donc de briser la coalition du Nouveau Front populaire (NFP), ce à quoi il s’était déjà attaché durant toute la campagne électorale.

Pour Valérie Hayer, il est ainsi nécessaire de faire primer les « convergences » plutôt que les divergences, « pour la protection du climat, pour la sécurité de nos compatriotes, pour la construction européenne et le soutien résolu à l’Ukraine. »

« Au Parlement européen, nous bâtissons chaque jour des compromis ambitieux afin d’écrire des lois utiles à nos concitoyens à travers l’Europe. Saisissons cette nouvelle situation parlementaire pour moderniser nos pratiques politiques en France », a ajouté la présidente du groupe Renew au Parlement européen.

Encore faut-il pour se faire provoquer des fractures au sein du NFP et achever d’absorber les Républicains (LR) qui n’ont pas suivi leur président Éric Ciotti, passé dans le camp du RN.

Laurent Wauquiez, le président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes qui n’a jamais caché ses ambitions présidentielles, a pour l’heure écarté toute participation de LR à une « coalition », rejetant « des combinaisons pour échafauder des majorités contre nature ».

Impossible donc pour l’heure d’imaginer à quoi pourrait bien ressembler le prochain gouvernement, mais si les députés marconistes se retrouvent minoritaires à l’Assemblée, ils restent au centre du jeu. Ce qui est déjà une victoire en soi pour le président.

[Edité par Laurent Geslin]