Les accidents sur le rail espagnol ravivent les tensions régionales concernant le financement des chemins de fer
Une série de catastrophes ferroviaires en Espagne a relancé le débat sur l’état du réseau et son financement, plaçant le ministre des Transports, Óscar Puente, sous une pression accrue, tandis que les dirigeants régionaux dénoncent des décennies de sous-investissement.
Un accident mortel sur un train régional Rodalies à Gelida, en Catalogne, a ouvert un nouveau front politique pour le gouvernement espagnol. Le drame, survenu la semaine dernière, a fait un mort et des dizaines de blessés, à peine deux jours après une collision entre deux trains à grande vitesse près de Cordoue, dans le sud du pays, qui a coûté la vie à au moins 45 personnes et blessé plus de 150 autres.
Ce lundi 26 janvier, le trafic des Rodalies a de nouveau été interrompu, entraînant annulations et retards sur l’ensemble du réseau de banlieue catalan. Le ministre des Transports a indiqué que l’arrêt avait été décidé pour des raisons de sécurité, évoquant même la possibilité d’un cyber-sabotage à l’origine de cette nouvelle perturbation.
Cette interruption est intervenue après une semaine de dysfonctionnements majeurs et un week-end de paralysie quasi totale. Samedi, les autorités catalanes avaient suspendu les services afin de mener des travaux destinés à permettre une reprise « en toute sécurité », selon un communiqué officiel.
Óscar Puente, déjà sous pression suite à la catastrophe de Cordoue, a reconnu que le réseau ferroviaire régional de Catalogne était « obsolète », les défaillances opérationnelles continuant d’affecter des millions de passagers chaque mois.
Les dirigeants indépendantistes catalans ont imputé ces problèmes à un manque chronique de financement.
Oriol Junqueras, leader du parti séparatiste Gauche républicaine de Catalogne (ERC) — qui soutient la coalition de Pedro Sánchez (PSOE) à Madrid —, a condamné ce qu’il a qualifié d’état « déplorable » du réseau dans une interview accordée à El País.
« L’État espagnol n’a pas construit un seul kilomètre de voie ferrée conventionnelle en Catalogne au cours des 50 dernières années », a fustigé Oriol Junqueras.
Il a appelé toutes les parties à soutenir le nouveau plan de financement national proposé par le ministère espagnol des Finances, qui comprend un accord fiscal régional controversé entre Oriol Junqueras et le Premier ministre Pedro Sánchez. Cet accord pourrait canaliser plus de 5 milliards d’euros vers la région, dont une partie, selon le leader du parti ERC, serait consacrée à l’amélioration du réseau ferroviaire.
Au début du mois, les représentants de tous les gouvernements régionaux, à l’exception de la Catalogne, ont rejeté le système de financement, arguant qu’il découle d’un « accord bilatéral défectueux avec les sécessionnistes » qui « ne résout pas » les problèmes de financement de l’Espagne.