Les candidats français s'affrontent en direct à la télévision [FR]
Les prétendants à la présidence de la République française se sont affrontés verbalement sur une multitude de sujets, comme l'emploi, le nucléaire ou l'Europe au cours d'un débat télévisé très vif, perçu comme une étape décisive peu avant le second tour du 6 mai 2007.
Les prétendants à la présidence de la République française se sont affrontés verbalement sur une multitude de sujets, comme l’emploi, le nucléaire ou l’Europe au cours d’un débat télévisé très vif, perçu comme une étape décisive peu avant le second tour du 6 mai 2007.
Le débat, retransmis sur les deux principales chaînes de la télévision française, a attiré une audience record de 20 millions de téléspectateurs durant près de deux heures et demie d’échange passionné.
- Conflit sur les enfants handicapés
Le débat a été marqué par un dialogue houleux sur les droits des enfants handicapés, une question qui avait en revanche attiré peu d’attention au cours de la campagne.
La candidate socialiste, Ségolène Royal, a accusé son rival Nicolas Sarkozy d' »immoralité politique » pour s’être positionné en défenseur des enfants handicapés. Elle a déclaré : « Cet écart entre le discours et les actes, surtout lorsqu’il s’agit d’enfant handicapé, ce n’est pas acceptable. Je suis très en colère ».
Nicolas Sarkozy, le dirigeant du parti de droite en place (UMP) a tiré avantage de cette situation, indiquant que Ségolène Royal avait perdu son sang-froid. Elle a alors répliqué qu’il s’agissait d’une « colère saine ».
- Emploi et économie
Les deux candidats ont exposé des visions contrastées de l’économie, S. Royal proposant de relancer la croissance d’au moins 2,5%, principalement à travers des mesures visant à encourager les investissements des PME. Les richesses créées au-delà de 2,5% servirait, selon Mme Royal, au paiement de la dette.
N. Sarkozy a déclaré que la France devait se remettre au travail pour relancer la croissance. Selon lui, le travail devrait être mieux récompensé, notamment en exonérant une partie des taxes sur les heures supplémentaires, afin d’augmenter le pouvoir d’achat.
- Les 35 heures
Les 35 heures ont constitué un autre sujet de désaccord. N. Sarkozy a déclaré qu’il s’agissait d' »une catastrophe généralisée » pour les entreprises françaises et qu’aucun autre pays européen connaissant la croissance n’avait choisi cette option. Cependant, il a déclaré qu’il ne modifierait pas la loi mais qu’il récompenserait les heures supplémentaires.
S. Royal a défendu l' »avancée sociale » que constituent les 35 heures mais a concédé que sa mise en œuvre avait été trop rigide dans certains cas.
- Energie nucléaire
Un point faible a été perceptible lorsque S. Royal, a osé défier N. Sarkozy d’indiquer la part d’électricité produite en France à partir de l’énergie nucléaire. « La moitié », a répondu N. Sarkozy. « Non, 17% » a rétorqué S. Royal. En réalité, les deux avaient tort, l’énergie nucléaire couvrant 78% des besoins en électricité de la France. 17% correspondait à la dépendance du pays de l’énergie nucléaire pour ses besoins énergétiques globaux.
- L’adhésion de l’UE à la Turquie
N. Sarkozy a réitéré sa claire opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE alors que S. Royal a précisé qu’une « pause » était nécessaire avant tout élargissement futur. La décision finale reviendra aux Français au cours d’un référendum, a-t-elle ajouté.
- Relance de l’Europe
Les deux candidats ont répété leur position initiale. Ségolène Royal plaide en faveur d’un nouveau traité avec une dimension sociale après le rejet de la Constitution par les électeurs français en 2005. N. Sarkozy, quant à lui, est favorable à un « mini-traité » institutionnel qui serait ratifié par voie parlementaire.