Les centrales à charbon polonaises n'échapperont pas aux permis d'émissions de l'UE
La Pologne semble avoir perdu son combat pour dispenser les nouvelles centrales à charbon de payer des permis d'émissions à l'Union européenne, a révélé un document européen hier (29 mars).
La Pologne semble avoir perdu son combat pour dispenser les nouvelles centrales à charbon de payer des permis d'émissions à l'Union européenne, a révélé un document européen hier (29 mars).
La Pologne avait prévu de donner des dizaines de millions de permis d’émissions de carbone gratuitement à de nouvelles centrales alors qu’elle peine à aligner son économie à teneur élevée en carbone sur les ambitions européennes de réduction des émissions de CO2.
Varsovie avait tenté de tirer profit d’une formulation ambiguë dans l’accord européen sur le climat de 2008, mais les représentants européens à Bruxelles ont comblé les lacunes et restreint cette option.
Le ministère de l’environnement polonais n’était pas disponible immédiatement pour commenter sur la question.
En décembre 2008, les ministres se sont entendus pour qu’à partir de 2013, tous les producteurs d’énergie européens paient des permis pour chaque tonne de dioxyde de carbone émise, ce gaz étant le plus nocif s'agissant du changement climatique.
La Pologne et plusieurs alliés européens de l’est se sont opposes à cette décision, arguant que cela serait trop coûteux pour leurs économies à teneur élevée en carbone car alimentées au charbon.
En échange de leur accord, ils pourront obtenir gratuitement jusqu’à 70 % de ces permis en 2013, en réduisant progressivement ce pourcentage pour arriver à 0 en 2020.
Cette exemption s’est également appliqué aux centrales qui étaient « concrètement lancées » avant la fin 2008, un terme que beaucoup ont compris comme « déjà en construction ».
L’année dernière, la Pologne a débuté une offensive diplomatique visant à réinterpréter la définition de « concrètement lancé » pour inclure les sites qui étaient en préparation, une évolution qui pourrait permettre de générer 15 000 mégawatts supplémentaires, ce qui représente environ 10 à 20 centrales au charbon.
Date butoir de 2008
Mais l’interprétation juridique finale a désormais été publiée par la Commission européenne, établissant que pour être éligible, des travaux de construction visibles devaient avoir débuté avant la fin 2008, ou un contrat devait avoir été signé.
« La Commission exigera des preuves claires et concrètes démontrant que ces conditions ont été remplies », peut-on lire dans le document.
Le groupe de militants Greenpeace a maintenu la pression sur la Pologne pour que celle-ci respecte les règles en photographiant de nombreux sites pour donner des preuves d’infractions.
Une de ces photos, transmise aux médias, montre ce qui, selon Greenpeace, est le site d’une centrale au charbon de 1 600 mégawatts dont la construction est prévue près de Leczna, mais l’endroit semble être une terre agricole intacte.
« La Commission européenne ne doit pas autoriser la Pologne à contourner les règles pour se soustraire à ses obligations », a déclaré la militante Greenpeace Julia Michalak. « La Pologne dispose d’un réel potentiel sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables, et il n’y a pas de raison qu’elle obtienne une dérogation ».
Le groupe environnemental WWF a précédemment estimé que la Pologne tentait de céder gratuitement des permis d’émissions d’en moyenne 33,6 millions de tonnes de carbone chaque année, ce qui correspond presque aux émissions annuelles de pays comme la Norvège et la Slovaquie.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)